3000 € requis contre le maire de Colombes qui avait comparé Gendarmes et policiers à la police de Vichy

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Palais de justice (Photo d'illustration AV/LVDG)

Le parquet de Nanterre a requis 3000 euros d’amende contre le maire de Colombes, (Hauts-de-Seine) Patrick Chaimovitch, ce mardi 4 mai. L’élu était poursuivi pour “injure publique envers un corps constitué”, en l’occurrence la Police nationale et la Gendarmerie nationale. Le procureur de la République adjoint, Hervé Lollic, a évoqué “des propos qui ne peuvent être admis”. “On justifie le flic-bashing auquel on assiste beaucoup trop souvent. On traite les policiers français de fils de collabos : c’est pas injurieux ça ?”, a-t-il interrogé.

Le jugement a été mis en délibéré au mardi 6 juillet.

Le 19 juillet 2020, à l’occasion d’une commémoration publique de la “ rafle du Vel d’Hiv” le maire (EELV) de Colombes avait déclaré : “les policiers français, les Gendarmes français qui ont obéi aux ordres de leurs supérieurs en mettant en œuvre la rafle du Vel d’Hiv, et d’autres rafles encore après et ailleurs, sont les ancêtres de ceux qui aujourd’hui, avec le même zèle, traquent les migrants, les sans-papiers, les déboutés des droits humains, ces êtres vivants qui essaient de survivre dans le dénuement”.

L’association professionnelle nationale (Apnm) militaire Gendarmes & Citoyens s’était constituée partie civile aux côtés du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin qui a déposé plainte.

Sur le même sujet : Plainte de Darmanin contre le maire de Colombes : Gendarmes & Citoyens partie civile

Voyant l’indignation parmi les forces de l’ordre, Patrick Chaimovitch avait “rétropédalé”ans un communiqué, en expliquant “qu’il n’y a aucune comparaison entre police et Gendarmerie d’un état démocratique d’une part et police et Gendarmerie de l’état pétainiste.”. 

Présent à l’audience, Patrick Chaimovitch, a tenté de se défendre, parfois laborieusement, relate le Parisien. “J’ai toujours parlé de comportements individuels de certains policiers et Gendarmes, je n’ai jamais généralisé”. Il a notamment évoqué “la situation des migrants à Calais avec des tentes détruites par des Gendarmes”. Son avocat, Me Didier Seban a plaider la relaxe.