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14 juillet : les Cadets de la Gendarmerie à l’heure olympique

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Pour la deuxième année consécutive, les Cadets de la Gendarmerie seront à l’honneur à Paris lors du défilé du 14 juillet qui se tiendra exceptionnellement avenue Foch en raison des Jeux olympiques sous la double thématique de l’olympisme et les armées d’une part et des 80 ans de la Libération de la France d’autre part.

Les Cadets participeront à l’animation finale sur la thématique “Les armées et l’olympisme”. Avec d’autres jeunes bénéficiaires des dispositifs jeunesse de l’État (réserve de l’armée de Terre, préparation militaire Marine, escadrilles Air Jeunesse, service national universel et service civique), ils vont former les anneaux olympiques devant la tribune présidentielle dans une chorégraphie. Ils vont évoluer sur une musique de Nathan Stornetta, interprétée par la musique de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris, accompagnée par 150 choristes.

Les unités défilantes de la Gendarmerie

Cette année, l’école de sous-officiers à l’honneur à Paris est celle de l’école de Tulle avec 85 personnels, élèves et cadres. L’autorité défilant en tête est le général de brigade Christophe Brochier, commandant d’école depuis le 1er juin. Les autres unités sont l’école des officiers de la Gendarmerie nationale (EOGN) avec à la tête des 146 défilants le colonel Sung-Dae Faucon, directeur des enseignements, le régiment de cavalerie (142 chevaux) de la Garde républicaine avec à sa tête la colonelle Marie-Audrey Leheup, les 1er (à sa tête le colonel Richard Héliot) et 2ème régiments d’infanterie de la Garde républicaine (à sa tête le lieutenant-colonel Jean Lamarque, commandant par suppléance le 2e Régiment d’infanterie) avec chacun 61 personnels.

Les forces aériennes de la Gendarmerie participent ai défilé aérien avec quatre aéronefs, 1 AS 350 (Écureuil), 1 EC135 et deux EC 145 avec à sa tête le lieutenant-colonel John Bullock, directeur des opérations des forces aériennes.

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La Voix du Gendarme a rencontré trois de ces Cadets ainsi que deux réservistes qui les encadrent dont l’un est un ancien cadet.

Sarah Willig, 18 ans, étudiante en faculté de droit à Metz.

C’est mon frère qui est gendarme dans le sud qui m’a donné l’envie de devenir gendarme à mon tour”. Plus spécialement attirée par une brigade cynophile, Sarah a choisi de passer par les Cadets avant d’intégrer la Gendarmerie. Elle va rejoindre la réserve et passera ensuite le concours à la fin de ses études. Quant à sa participation au défilé du 14 juillet, Sarah s’enthousiasme. “c’est une chance incroyable, je ne pouvais pas dire non, mon frère était trop fier”.

Mathilde Lecarpentier, 17 ans, étudiante en licence de mathématiques en Seine-Maritime

.“J’ai toujours voulu être dans les forces de l’ordre, et spécialement dans la Gendarmerie, un ami m’a parlé du SNU et j’ai choisi de faire ma mission d’intérêt générale au sein es Cadets de la Gendarmerie” dit la jeune fille qui veut devenir réserviste puis sous-officier dans la Gendarmerie. Participer au 14 juillet à Paris “la rend fière” et “elle ne pensait pas avoir cet honneur”.

Eloi Brunard 18 ans, d’Ile-et-Vilaine, étudiant en BTS management.

« J’ai suivi les Cadets dans le cadre du SNU, du coup je veux être gendarme et je commence ma préparation militaire gendarmerie la semaine prochaine et j’envisage de m’engager et de choisir la gendarmerie mobile”. Eloi se dit “très heureux de participer au 14 juillet et assez étonné d’avoir été choisi”.

Lieutenante de réserve Myra-Louise Bamdé, 25 ans, encadrante des Cadets

Ingénieur DATA, la lieutenante de réserve va démissionner de son travail pour intégrer une classe prépa talents de la Gendarmerie afin de préparer le concours d’officier scientifique. “Je me suis rendue compte que la vie civile, ce n’est pas forcément ce que je recherche” confie la jeune femme qui a débuté la réserve dans le Jura à Dôle comme gendarme adjoint de réserve. Elle a ensuite suivi le peloton des élèves officiers de réserve à l’EOGN à Melun avant de poursuivre au sein de la Garde républicaine à Paris où elle a déménagé pour ses études. Myra-Louise a encadré des missions Poseidon, des préparations militaire Gendarmerie et a été choisie pour accompagner les Cadets avec deux autres réservistes . Elle s’occupe de la discipline, de la logistique mais aussi de la programmation culturelle et des visites au sein des unités de Gendarmerie. Les Cadets se sont ainsi rendus au GBGM de Satory, aux forces aériennes, et au GIGN.

Mickael Güler, 20 ans, Ile de France, brigadier de réserve, encadrant

Originaire du Val d’Oise, ancien Cadet formé à Paris dans le cadre du SNU, Mickaël est réserviste depuis avril dernier à la Garde républicaine au 2ème régiment d’infanterie. Étudiant en licence d’histoire, il envisage d’intégrer l’Arme et vise l’intervention. Ravi de participer au défilé, il est non seulement encadrant mais aussi remplaçant pour la chorégraphie.

Plus de 6000 cadets entre 2019 et 2023

Les Cadets de la Gendarmerie existent depuis une vingtaine d’années mais se sont véritablement déployés avec l’apparition du service national universel (SNU) après sa phase préfiguratrice en 2019 sur la base du volontariat. Le modèle associatif a été retenu comme forme juridique pour accueillir les volontaires de 15 à 17 ans en Mission d’Intérêt Général, qui constitue la seconde phase du SNU.

L’objectif du dispositif est avant tout de transmettre au jeune une culture de la citoyenneté ainsi que l’ensemble des valeurs qui s’y rattachent. Tout au long de l’année pendant les vacances scolaires et parfois le mercredi ou le samedi, les volontaires sont ainsi amenés à découvrir l’histoire de la Gendarmerie, mais aussi le contexte de travail quotidien du gendarme en traitant notamment les questions de sécurité, d’ordre public mais aussi de déontologie.

Au-delà de la transmission de l’esprit citoyen et du sentiment de “faire nation”, l’objectif des Cadets de la Gendarmerie est aussi de faire de la prévention, en abordant différents sujets d’actualité tels que le harcèlement, les violences sexistes ou encore les conduites addictives.

Encadrés par des bénévoles de la réserve citoyenne, des réservistes opérationnels et des gendarmes d’active, de nombreuses activités sportives sont aussi organisées au cours de ce dispositif, permettant ainsi aux jeunes volontaires de s’imprégner de l’esprit de résilience en se dépassant, et en développant des valeurs de cohésion et un véritable esprit d’équipe.

L’objectif est également de favoriser l’accès à de multiples manifestations susceptibles d’enrichir l’individu dans sa culture personnelle et citoyenne.
Des réservistes, référents, mais aussi parlementaires et représentants d’associations sont amenés à intervenir sur différentes thématiques, transmettant ainsi leurs connaissances, et leur expérience professionnelle. Des missions et ateliers de mise en situation concrètes sont aussi proposés à ces jeunes afin de les sensibiliser à diverses causes telles que celle de la préservation de l’environnement.

Les Cadets de la gendarmerie contribuent aussi au déploiement d’une citoyenneté active grâce à la réalisation de diverses actions de solidarité en faveur de multiples acteurs. C’est le cas notamment des actions de solidarité intergénérationnelle menées en EHPAD mais aussi d’aide aux victimes de la route, ou encore des missions de collecte avec la Banque Alimentaire, entre autres. En parfaite adéquation avec le parcours citoyen dans lequel s’inscrit le présent dispositif, les Cadets de la gendarmerie œuvrent également au développement du devoir de mémoire, par l’intermédiaire notamment de la participation à de nombreuses cérémonies commémoratives et au nettoyage des tombes des anciens combattants. Les jeunes volontaires sont ainsi sensibilisés aux questions mémorielles et à l’héritage historique qu’elles impliquent.

L’orientation est aussi un des axes majeurs abordés par les Cadets de la Gendarmerie. L’accompagnement dans la poursuite d’un projet professionnel est aussi organisé par l’intermédiaire d’ateliers et de tutorats.

L’impact de cette expérience sur les jeunes des Cadets de la gendarmerie s’avère particulièrement positif. Cette expérience humaine réussit à transmettre une véritable connaissance de la gendarmerie, mais parvient également à développer de véritables compétences telles que l’esprit d’équipe, la solidarité, le sens de la citoyenneté, des valeurs républicaines mais aussi de l’engagement au service de la collectivité. En s’inscrivant dans la dynamique de construction d’un parcours d’engagement citoyen, ce dispositif ouvre aussi de nouvelles perspectives à ceux qui le souhaitent, en présentant à ces jeunes l’infinité de possibilités professionnelles offertes par le domaine de la défense et la sécurité (concours, réserve, GAV , sous-officier, officier…).

Ces jeunes, lorsqu’ils finissent leur mission d’intérêt général en tant que Cadets, ont acquis de nombreux “soft skills” (compétences douces). Les témoignages des parents confirment que ces derniers ont davantage confiance en eux et qu’ils ont acquis de la maturité et surtout un sentiment d’appertenance à la nation beaucoup plus ancré.

Le suivi des cohortes (plus de 6000 cadets entre 2019-2023) permet de suivre et d’accompagner les anciennes promotions.

Vers une montée en puissance du dispositif

Depuis 2019, la gendarmerie n’a eu de cesse d’organiser et de généraliser le dispositif. Les associations de cadets, au nombre de 102 au 31 mai 2024, sont répartis sur l’ensemble du territoire tant métropolitain que outre-mer et rassemblent plus de 2.456 cadets. L’objectif cible est en effet de dépasser les 3.000 cadets dans les années à venir.

Le Service national universel (SNU) et les Cadets de la Gendarmerie

Destiné à recréer le lien entre les jeunes et la Nation, le service national universel (SNU), piloté par l’Éducation nationale, s’articule actuellement en 3 phases :

Phase 1 : séjour de cohésion en internat de 15 jours pour les jeunes de 15 ans ;

Phase 2 : mission d’intérêt général (MIG), d’une durée de 12 jours ou de 84 heures à l’issue du séjour de cohésion, au sein du monde associatif ; cette phase pourrait fortement évoluer dans le cadre de la généralisation du SNU ;

Phase 3 : engagement volontaire d’au moins 3 mois, au sein des dispositifs existants.
La Journée de Défense et Mémoire (JDM) du SNU a vocation à remplacer la Journée de Défense et Citoyenneté (JDC) ; la phase 1 valant quitus pour la JDC.

La Gendarmerie est un acteur majeur dans chacune des trois phases

Phase 1 :

En 2023, les gendarmes ont animé :

312 JSI, en coordination avec la police nationale et les sapeurs-pompiers lors de 3 modules :

– Alerter, protéger, secourir à la suite d’un accident de la circulation

– Prévenir le cyber harcèlement

– Participer à la recherche d’une personne disparue suite au signalement d’une disparition inquiétante ;

410 JDM avec les armées

Phase 2 :

Les classes de Cadets de la Gendarmerie sont soutenues par des associations départementales ou régionales présidées et supportées par des réservistes citoyens et opérationnels ; initiés à la citoyenneté et aux valeurs militaires, les cadets de la gendarmerie conduisent également des actions mémorielles et de prévention.

Dans la phase 3, la Gendarmerie offre plusieurs opportunités comme l’engagement volontaire dans les réserves (ESR), dans une mission de service civique (ESC) ou un recrutement en qualité de sous-officier ou de gendarme adjoint volontaire/

Quelque soit le projet de réforme du SNU, les 103 classes de Cadets de la gendarmerie perdureront car elles sont inscrites de manière pérenne dans le cadre du parcours d’engagement citoyen au niveau national.

Les associations des cadets sont financées majoritairement par des mécènes privés lorsqu’elles arrivent à les mobiliser. Des associations rencontrent des difficultés financières à mener à bien le programme des Cadets notamment pour financer les déplacements, les repas, et les tenues.

Ces problématiques sont un frein pour le recrutement : 200 candidatures sont reçues pour 20 à 30 places. La création du fonds de dotation jeunesse contribuera à augmenter les cohortes et à multiplier les actions en faveur de la jeunesse.

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