Dans un reportage diffusé au journal télévisé de TF1, les « dysfonctionnements » — doux euphémisme — liés à la livraison des équipements par Marck & Balsan aux policiers et gendarmes sont exposés avec une pudeur tout administrative.
On y entend, dans un ballet bien huilé, un syndicaliste policier, un porte-parole du ministère de l’Intérieur et un responsable de l’entreprise. Les gendarmes, eux, sont priés de rester dans les coulisses, comme d’habitude.
Quelques extraits du groupe privé Facebook animé par Ladie Fox viennent illustrer ce que tout le monde sait déjà : ça ne fonctionne pas. Retards, effets manquants, qualité douteuse et un silence assourdissant sur la seule question qui vaille. Pourquoi diable confier un marché de 350 millions d’euros à une entreprise incapable de livrer des pantalons à l’heure ?
Ce reportage aurait pu poser la question aux premiers concernés — les gendarmes — mais il semble que leur parole soit, une fois encore, jugée trop… opérationnelle.
À La Voix du Gendarme, nous avons enquêté. Et sans faire la réclame de Paul Boyé, force est de constater que lui, au moins, savait livrer. Rapidement. Correctement. Sans faire de la formation couture dans des bâtiments dignes du Bengladesh.
Pendant ce temps, le ministère « s’emploie à résoudre les difficultés » (sic) et les gendarmes attendent. Certains depuis un an. Un jeune lieutenant, lassé d’attendre son képi depuis neuf mois, l’a commandé à ses frais chez l’ancien fournisseur. Livré en quinze jours. Sidéré.
Mais rassurez-vous : tout va bien. Le marché est signé, les pénalités sont en cours et les couturières sont en formation.
Le képi, lui, attend toujours.
Jean-François Charrat

