AccueilTribune libreLe jugement de Forcalquier pourrait s’apparenter à de la défiance.

Le jugement de Forcalquier pourrait s’apparenter à de la défiance.

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Il y a des décisions qui interrogent, d’autres qui révoltent. Et puis il y a celles qui donnent l’impression que la justice a tout simplement baissé les yeux. Le jugement rendu à Forcalquier le 28 avril 2026, après un refus d’obtempérer et ne badinons pas, à une tentative de meurtre, appartient tristement à cette catégorie.

Un conducteur refuse d’obtempérer. Il met volontairement en danger des gendarmes, des automobilistes, des familles. Il choisit délibérément la fuite et l’affrontement.
Ce n’est pas une erreur. Ce n’est pas un moment d’égarement. C’est un acte volontaire, dangereux, criminogène. L’interpellation se passe mal, les gendarmes sont blessés les motos détruites. 

Et la réponse tombe. 5 ans de prison avec aménagement de la peine. L’auteur ressort du tribunal avec un joli accessoire à la cheville. Une sanction qui ressemble davantage à un clin d’œil qu’à une peine, une tape sur les doigts. Une décision qui, pour beaucoup, dont moi, résonne comme un encouragement à recommencer.

Comment expliquer qu’un acte qui tue chaque année des gendarmes, des policiers et des innocents soit traité comme une simple incivilité routière ? Comment justifier qu’un acte d’une telle gravité soit sanctionné comme s’il relevait d’une simple infraction routière ?

Comment demander aux forces de l’ordre de risquer leur vie si la chaîne pénale renvoie l’idée que tout cela n’a, au fond, pas tant d’importance ? 

À Forcalquier, ce jugement n’est pas seulement incompris, il est incompréhensible.
Il crée un fossé entre le terrain et le tribunal. Il alimente le sentiment d’impunité.
Il fragilise l’autorité de l’État. Il décourage ceux qui, chaque jour, portent l’uniforme et prennent des risques que personne d’autre n’accepterait.

Il ne s’agit pas de réclamer la sévérité pour la sévérité. Il s’agit de rappeler une évidence.
Un refus d’obtempérer, en percutant volontairement les gendarmes, n’est pas un détail administratif, c’est une mise en danger délibérée de la vie d’autrui, voire une tentative de meurtre. 

Quand la justice minimise ce geste, elle envoie un signal catastrophique. La règle n’est plus une règle, elle devient une option. Et une société où la règle devient optionnelle est une société qui se délite. 

À Forcalquier, la justice avait l’occasion de rappeler fermement que la République ne négocie pas avec ceux qui mettent des vies en danger. Elle a choisi de ne pas la saisir.
C’est regrettable. C’est même dangereux. 

Et c’est, disons-le sans détour, tout simplement inacceptable.

Jean-François Charrat

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