UD56 – La Gendarmerie à Saint-Pierre et Miquelon

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En séjour familial à St Pierre et Miquelon, * j’ai été reçu le jeudi 23 juin, par le colonel Eric Misserey, commandant la Gendarmerie de Saint-Pierre-et-Miquelon (COMGENDPM).

A 4629 kilomètres de Paris, ce bout de France de 242 km carrés, est situé dans la riche plaine des Bancs de Terre-Neuve. Avec 6 316 habitants, cet archipel composé de plusieurs îles dont St-Pierre et Miquelon/langlade a une histoire mouvementée, toujours difficile qui s’inscrit dans toute l’histoire de l’Amérique du Nord.

L’occasion d’une présention globale de la Gendarmerie de St Pierre et Miqueloln et d’une discussion Placés sous son autorité, les 27 militaires du commandement de la Gendarmerie pour Saint-Pierre-et-Miquelon assurent sur le territoire la protection des personnes et des biens, luttent contre la délinquance et veillent au maintien de la paix et de l’ordre public au profit de l’ensemble de la population de l’archipel, constituant la zone de compétence de la Gendarmerie Nationale (ZGN). Il se compose d’un état-major et de trois unités, 2 déployées sur les communes de Saint-Pierre et une à Miquelon-Langlade.

Une rencontre particulièrement conviviale marquée par la remise de la rondache (écusson rond brodé) du COMGENDPM.

Jean François Stephan, president UD56.

Un peu d’histoire….

Découvertes en 1520 par Alvarez, marin portugais, les « îles des onze mille vierges » (car découvertes le jour de célébration de cette fête) furent redécouvertes en 1536 par Jacques Cartier qui en prit possession au nom du roi de France et les baptisa « îles de Saint-Pierre et Miquelon ».

Depuis cette date et jusqu’au début du XIX ème siècle ce territoire, au hasard des conflits, passa à plusieurs reprises sous souveraineté française et anglaise. Ce n’est que depuis 1816 et le traité de Paris qu’il est définitivement rattaché à la France. A partir de là, basques, bretons et normands s’installent sur le « caillou ».

Ainsi, c’est le 25 mai 1816 que le commandant Bourilhon prend officiellement possession des îles au nom de la France. Parmi ceux qui l’accompagnaient, se trouvait le Gendarme Yreux, qui semble être le premier représentant de la Gendarmerie à mettre le pied sur le territoire.

Par la suite, l’évolution économique et la situation politique (périodes de guerre) ont beaucoup influé sur les effectifs du détachement. C’est ainsi que les postes de Langlade, Miquelon et l’île aux chiens (devenue l’île aux Marins en 1931) furent supprimés et rétablis à plusieurs reprises. Les effectifs sont passés à 6 en 1819 et à 28 en 2019 (jusqu’à 80 dont 70 Gendarmes mobile en 1965 !).

Les côtes des îles, et principalement l’isthme de Langlade, ont vu s’échouer un grand nombre de navires. En 150 ans, on compte 600 naufrages. Les Gendarmes, toujours prompts pour porter aide et assistance, s’illustrent à l’occasion de ces secours, notamment ceux de Langlade et de Miquelon, et leurs actes de courage sont relatés dans l’histoire locale.

Organisation du COMGEND

Le 1er avril 1965, la section prend l’appellation de compagnie de Gendarmerie de Saint-Pierre et Miquelon puis le 1er mai 2003 celle de commandement de la Gendarmerie pour Saint-Pierre et Miquelon, structure qui conjugue les attributions d’une région, les responsabilités d’un groupement et les missions d’exécution d’une compagnie. Ce changement d’appellation, au delà de la dénomination commune des commandements ultramarins, s’accompagne d’une réorganisation. Ainsi le COMGEND en 2021, à l’effectif de 28 militaires et commandé par un colonel, est constitué d’un état-major et de services logistiques (2 OG, 1 OCTA, 3 SOG et 5 CSTAGN) et de 3 unités subordonnées : 2 brigades territoriales (Saint-Pierre à 11 SOG et Miquelon à 3 SOG) et une brigades des recherches (3 SOG).

Le service de la Gendarmerie

La spécificité du service à Saint Pierre et Miquelon tient, bien sûr aux conditions météorologiques qui nécessitent des facultés d’adaptation, mais également à l’absence d’unités spécialisées. Ainsi, sur la plate-forme aéroportuaire, le COMGEND assure les fonctions dévolues à la Gendarmerie des Transports Aériens. Par ailleurs, l’absence de brigade nautique côtière a conduit à la doter d’un moyen nautique propre pour assurer, conjointement avec la Marine nationale, les missions de police en mer.

Les 3 militaires de la brigade territoriale autonome de Miquelon sont au service de la population et peuvent ressentir, s’ils n’y sont pas préparés, un fort isolement, surtout en hiver.

Bta Miquelon en hiver
Bta Saint-Pierre en hiver

La Gendarmerie mobile

Le 25 avril 1965, suite à de graves menaces de troubles à l’ordre public, 70 Gendarmes mobiles sont acheminés sur l’Archipel par l’escorteur d’escadre Dupetit-Thouars, soulevant l’émotion de la population et des élus. Puis par relèves successives, ces renforts seront maintenus jusqu’en 1974. Le 04 janvier 1974, les derniers renforts de Gendarme mobile quittent l’Archipel. Suite aux événements en janvier 1989 et avril 1992, ces troubles à l’ordre public démontrent la nécessité de prépositionner des forces spécialisées. Ainsi le 30 août 1995, après 20 ans d’absence, 31 Gendarmes mobiles de l’escadron de Gendarmerie mobile 34/4 de Bellac (87), arrivent sur l’archipel à la demande du préfet et à la surprise des élus et des habitants. Depuis mars 2006, la Gendarmerie mobile a de nouveau quitter l’archipel.

La Gendarmerie maritime puis la marine nationale

Le 16 décembre 1996, il est décidé que l’armement d’un patrouilleur de la gendarmerie maritime sera compensé par la suppression de 5 postes à la compagnie. Le 29 juillet 1997, le patrouilleur de la Gendarmerie maritime « Fulmar » arrive dans le port de Saint-Pierre. Depuis 2010, les 9 Gendarmes maritimes ont été remplacés par 11 militaires de la marine nationale.

Le Fulmar

Fiche Gendarmerie : COMGENDPM