Trop c’est trop !

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Le capitaine (H) Jean-François Charrat, ancien porte-parole de l’Association professionnelle nationale militaire (APNM) Gendarmes et Citoyens, partenaire de “la Voix du Gendarme”, livre une tribune sans pudeur sur les alliances politiques au détriment des forces de l’ordre.

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Face au spectacle grand guignolesque de la campagne de “bordélisation” des législatives organisé de main de maître par le président de la République j’avais pris le parti de ne pas exprimer mes états d’âme. Mutique sur les passes d’armes des élites de tous poils sur des alliances contre nature de mouvements politiques à droite, à gauche, par devant et par derrière, j’attendais patiemment de voir sortir des cornes d’abondance d’une France déclassée et au bord du chaos quelques nouvelles têtes. J’avais même commencé à me livrer, dans mon for intérieur seulement, à des calculs d’apothicaire sur les résultats définitifs d’une assemblée qui ressemble depuis l’arrivée de certains députés, aux rencontres internationales des clowns pas drôles, en envisageant une majorité pour l’un ou l’autre. Je gardais à l’esprit que, quelle que soit la composition du palais Bourbon, les gendarmes et les policiers seraient impliqués dans la protection des biens et des personnes.

En écoutant mes contemporains se déchaîner sur les plateaux de télévision au sujet des chiffres de la dette publique, de la délinquance ou de l’immigration, j’avais le sentiment de glisser lentement vers une dystopie totalitaire de quel côté que l’on se place. Je me suis fait livrer du popcorn, en attendant que ceux qui décident de mon destin sociétal achèvent de se crêper le chignon, à grands coups de menton et de quolibets même pas comiques. La fenêtre ouverte pour en faire profiter mes voisins tout aussi intéressés que moi sur le bazar élyséen ainsi ourdi par le chef de tous les Français, je buvais la parole de l’un, les arguments de l’autre ou encore l’analyse du dernier. A la manière de Sénèque lançant des apophtegmes sentencieux sur l’art d’apaiser la colère, je me plaisais à contempler ceux qui aspiraient à devenir les organisateurs de mon quotidien, d’une manière calme et apaisée.

Je laissais le soin à mon charcutier, entre la découpe de jambon et la confection d’une andouillette, d’apporter un avis éclairé sur la crise que parcourait le pays tout en avouant à demi-mot que son agneau provenait de Nouvelle Zélande. Je cédais aussi au boulanger le soin de développer ses diatribes contre une Europe qui l’étrangle tout en confessant que la farine ukrainienne était la moins chère du marché et parce qu’il faut bien aider ces braves gens ma pauvre Lucette !

J’étais là de mes circonvolutions métaphysiques intellectuelles, je tournais en rond en somme, quand une annonce m’a fait bondir de mon siège. Une alliance de partis dont l’affection pour les policiers et les gendarmes est désormais reconnue internationalement, venait d’investir la candidature d’un cadre du Nouveau Parti Anticapitaliste à la députation dans la première circonscription de l’Aude. Mon sang n’a fait qu’un tour. On parachute un gugusse qui clame que les policiers sont des assassins, qu’il faut les désarmer et que le Hamas fait de la résistance. Les bras m’en sont tombés. La quiétude dans laquelle le spectacle de la campagne législative m’avait plongé, a fait place à une colère sourde. Que des gens se réclamant de la gauche démocratique s’allient avec des partis d’extrême-gauche, passe encore, mais qu’ils investissent un homme qui crache sa haine du flic dans le canton où le colonel Beltrame a sauvé une femme en prenant sa place d’otage et a été assassiné par un terroriste islamiste, c’en est trop. Une tempête de fureur me soulève le cœur.

Mesdames et messieurs les caciques de la NUPES 2.0, que cherchez-vous à démontrer en défiant ainsi les gendarmes ? N’avez-vous donc aucune pudeur à légitimer la candidature d’un homme qui hurle sa haine des flics, ceux-là mêmes qui vous protègent au palais Bourbon ou dans votre vie de nantis de la république ? Que sont devenues vos valeurs et vos convictions pour vous allier à de tels personnages ?

Le vieux gendarme qui vit encore en moi répugne, par courtoisie naturelle, d’écrire les qualificatifs qui me viennent à l’esprit. J’ai honte pour vous, pseudos républicains d’opérette lancés dans une course à l’échalotte pour un siège à 12000 €uros. Vos compromissions vous discréditent définitivement de mon cercle démocratique.

Votre honneur ne vaut même pas le plat de lentilles que vous lorgnez et qui va vous conduire, je l’espère, à une déroute cuisante. En attendant, je retourne à Sénèque pour chercher à apaiser ma colère, cette colère dont vous vous êtes servis parfois pour accuser sans preuves ce que vous nommez des violences policières et qui ne sont que des réponses légitimes à des agressions brutales. Si j’osais, je vous suggèrerais d’investir des fichés S, si ce n’était pas déjà fait. Il vous reste encore un niveau pour atteindre les bas-fond de l’indignité, investir un des membres du clan Traoré.

JFC

Crédit photo : Photo de Jana Knorr sur Unsplash