La disparition de l’Union soviétique en 1991 marque la fin de la guerre froide et entraîne une profonde révision de la stratégie militaire française. Le Livre blanc sur la défense de 1994 recommande la professionnalisation des forces armées. C’est sur cette base que le président Jacques Chirac annonce, le 22 février 1996, la suspension du service national obligatoire.
Le code du service national est alors modifié : son article L.112-2 précise que l’appel sous les drapeaux est suspendu pour tous les Français nés après le 31 décembre 1978. Toutefois, cette suspension peut être levée à tout moment si les besoins de la défense nationale l’exigent.
Près de trente ans plus tard, le 27 novembre 2025, le président Emmanuel Macron annonce la création d’un service militaire volontaire, signe d’un possible renouveau de l’engagement citoyen sous une forme modernisée.
Bien que le service militaire obligatoire soit suspendu depuis 1997, un parcours citoyen demeure. La Journée d’appel de préparation à la défense (JAPD), instaurée la même année, devient en 2011 la Journée défense et citoyenneté (JDC). Obligatoire pour tous les jeunes Français de 16 à 25 ans, elle s’inscrit dans un processus plus large mêlant recensement, information et sensibilisation au rôle des forces armées.
Parallèlement, d’autres dispositifs d’engagement civique et militaire voient le jour, sous l’autorité du ministère des Armées, avec des objectifs souvent autant sociaux que militaires.
C’est cette évolution, amorcée il y a près de deux siècles avec l’idéal du « citoyen-soldat » né de la Révolution de 1789, que La Voix du Gendarme (LVDG) analysera prochainement. L’article retracera les multiples tentatives, depuis 30 ans, pour repenser ou revitaliser un modèle d’engagement national au cœur de l’identité française.
Marc Rolland
crédit photo : Illustration du dossier service national – © Ministère des Armées et des Anciens combattants
