Somme : hommages à Michel Fournier, adhérent à l’Ud80

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Alain, Nadine, Françoise, à vos enfants, vos petits-enfants et toute votre famille, je suis très honoré de rendre cet hommage à Michel Fournier (votre papa et papy), aux noms des présidents départementaux des associations des Anciens prisonniers de guerre – les Combattants de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc – les Combattants de théâtres d’opérations extérieures (Acpg-Catm-Opex)-Veuves et sympathisants, de l’Union nationale des combattants ainsi qu’aux noms des présidents départementaux des associations de l’Union national des personnels et retraités de la gendarmerie, de la Fédération nationale des retraités de la gendarmerie aux seins desquelles Michel était adhérents depuis de nombreuses années.

Michel est né le 03 avril 1928 à Fontaine-sur-somme. Il y a peu, Michel venait de fêter ses 96 ans avec toute sa famille. Il fait partie de la classe de 1948.

Après son service militaire obligatoire, Michel intègre en 1950, à l’âge de 22ans, l’école de gendarmerie à Aubagne, dans le département des Bouches du Rhône où il suivra une instruction pour devenir Gendarme.

En 1952, à la sortie de l’école, Michel est affecté à Rouen, en Seine-Maritime, dans la Légion de gendarmerie mobile, en qualité de garde, au poste de chauffeur au service auto-légion.

En 1953, alors qu’Alain, âgé de 3 mois, son premier enfant, né de son mariage avec Renée, Michel part en Indochine avec la 3éme Légion de garde républicaine de la gendarmerie mobile. Il ne reverra son épouse et son fils que 3 ans plus tard.

Très vite remarqué par sa hiérarchie pour son engagement à servir, Michel prendra les fonctions de « Chef de groupe ». Il sera détaché à l’encadrement supplétif des militaires dans le secteur des sept pagodes, région du Tonkin au Vietnam, secteur réputé dangereux.

Son chef, le lieutenant-colonel Crozafon, le proposera à la Médaille militaire pour le motif suivant :

« Au poste de Chi-Diem, par des coups de mains rapides et audacieux, des demandes d’artilleries judicieuses ont causé des pertes sévères à l’ennemi. Pratiquement encerclé pendant un mois, sa tête ayant été mise à prix, a eu assez d’autorité sur sa troupe pour éviter une trahison et a résisté à une attaque massive au cours de la dernière nuit de la guerre. A été légèrement blessé à la main et au thorax par un éclat de mortier. »

En 1956, de retour d’Indochine, à la réorganisation de la Légion de gendarmerie mobile, Michel sera affecté en qualité de chauffeur d’état-major. Il repartira dans la foulée en Algérie jusqu’en 1962, accompagné de son épouse et son fils Alain. Nadine verra le jour au Maroc en 1958 et Renée reviendra à Albert en 1959 pour donner naissance à Françoise.

En 1962, Michel reviendra à Mayenne (53) avec toute sa famille. Ensuite il sera affecté comme responsable du garage automobile de la Gendarmerie à Romainville (93), en région parisienne, tout en étant logé à Rosny-sous-Bois (93), jusqu’en 1979, année à laquelle, après avoir servi avec honneur la Gendarmerie pendant 29 ans, il prendra une retraite bien méritée avec le grade de « chef d’escadron ».

Au total, Michel aura servi la France, en gendarmerie mobile sur deux conflits de guerre pendant 9 ans, dont 3 ans en Indochine et 6 ans en Algérie.

Aux titres de ces états de service, Michel sera promu et décoré :

  • Chevalier de la Légion d’honneur
  • Chevalier de l’Ordre national du mérite
  • de la Médaille militaire
  • de la Croix de Guerre TOE avec palme.
  • de la Croix de la Valeur militaire, avec étoile d’argent
  • de la Croix du Combattant
  • de la Médaille d’Outre-mer avec agrafe « Extrême-Orient »
  • de la Médaille Commémorative Indochine
  • de la Médaille Commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l’ordre en AFN avec agrafe « Algerie ».
  • de la Médaille d’Afrique-du-Nord
  • de la Médaille des blessés

Michel a été un fidèle adhérent à l’association départementale des Combattants de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc (Acpg-Catm), au travers de la section locale de Fontaine-sur-somme dont il a été président de 1982 à 1989 année à laquelle il a été élu maire-adjoint pendant 1 mandat et maire pendant 2 mandats. Michel a continué d’assurer la fonction de vice-président.

Pour cet engagement sans faille dans le monde combattant et auprès des administrés de Fontaine-sur-Somme, Michel a reçu l’année dernière la médaille associative du Mérite fédéral, la médaille de l’Assemblée nationale des mains d’Emmanuel Maquet, député de la Somme et la médaille du Conseil départemental des mains de Guylaine Sire conseillère départemental du canton de Gamaches.

Michel, était le dernier combattant d’Indochine du canton d’Hallencourt des Acpg-Catm. Je garde en mémoire le militaire dans l’âme qu’il était. L’élu avec qui j’ai partagé des sujets de discussions sur nos carrières respectives lors des congrès cantonaux ou lors des assemblée générales de l’Unprg.

Je prends et cite votre exemple d’avoir toujours été présent à toutes les cérémonies patriotiques de votre section.

Michel, que cette image de vous reste indélébile. Qu’elle sert de transmission auprès des générations actuelles et futures pour ne pas oublier notre devoir de mémoire envers les anciens et combattants « Morts pour la France ».

Alain, Nadine, Françoise, à vos enfants, à vos petits-enfants et toute votre famille soyez fière de cette empreinte que laisse derrière lui votre papa et votre papy.

Didier, Lerch, président cantonal des Acpg et secrétaire de l’Ud80.