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Puy-de-Dôme : baptême de la caserne de Gendarmerie d’Aigueperse

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Mort pour la France et déporté résistant, le gendarme Jean Veyssieres est l’une des figures de la résistance à Aigueperse. C’est pour lui rendre hommage que la brigade de Gendarmerie a été baptisée à son nom.

Après le choix de la 425è promotion de sous-officiers de Gendarmerie de l’école de Montluçon de prendre son nom en 2024, un nouvel hommage a été rendu au gendarme Jean Veyssières.

Mobilisé en mai 1917 et blessé en 1918 lors de la bataille de l’Aisne, le natif de Saint-Sauves (63) s’était engagé dans la Gendarmerie à cheval après la première guerre mondiale. C’est en 1925 qu’il rejoint la Gendarmerie à pied. D’abord en Haute-Vienne puis à Vic-le-Comte avant d’être affecté à Aigueperse où il devient adjoint au commandant de brigade en 1936. Sous l’occupation, le gendarme Jean Veyssières fait le choix de rejoindre la résistance en 1943. Il profite alors de sa position pour informer les Forces françaises de l’Intérieur (FFI) pour les approvisionner en carburant et en munitions. Mais aussi pour écrire des lettres anonymes adressées aux familles juives des alentours afin de les prévenir avant que ne vienne la Gestapo et qu’elles ne soient envoyées en déportation.

Il est finalement arrêté le 8 mai 1944 après avoir été dénoncé pour son aide à la résistance.

D’abord emprisonné en France, il est ensuite déporté au camp allemand de Neuengamme en juillet 1944. C’est là-bas qu’il meurt le 23 novembre 1944 d’une insuffisance cardiaque à l’âge de 46 ans après cinq mois de détention dans des conditions très dures. 

Reconnu « mort pour la France », le titre de « déporté résistant » lui est également attribué en 1950. Il sera également décoré de la Légion d’honneur et de la Médaille de la résistance à titre posthume.

C’est  pour rendre hommage à ce parcours et à cet engagement incroyable que la Gendarmerie a décidé de baptiser sa brigade d’Aigueperse en son nom.

Un moment teinté d’émotion, puisqu’ une  petite-nièce a pu être retrouvée et invitée pour cette cérémonie durant laquelle elle a rencontré une partie des descendants des trois familles juives qu’il avait contribué à sauver pendant la guerre. 

C’est grâce à un courrier confié à la mairie d’Aigueperse par l’un de ces descendants il y a cinq ans que cette partie de l’histoire héroïque du gendarme Jean Veyssières a pu être mise à jour par une analyse graphologique. Cette lettre retrouvée dans le sac à main de sa mère et conservée comme un trésor, a pu être comparée aux archives conservées par la petite-nièce du gendarme résistant. 

En présence de la famille, des autorités civiles et du colonel Vincent Moulin, commandant le groupement de Gendarmerie du Puy-de-Dôme, a été dévoilée la plaque commémorative au nom du gendarme Jean Veyssières.  

Les honneurs militaires ont été rendus par un détachement de personnel de la compagnie de Riom, aux ordres de la cheffe d’escadron Marine Caillon, commandant la compagnie de Riom. 

Un dépôt de gerbe, le chant des partisans entonné par les enfants des écoles et un lâcher de colombes ont clôturé cette cérémonie. 

Pascal Lezay

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