Promu, Jean-Luc Vivier quitte Bourgoin pour Moulins “sans un seul jour de blanche à se reprocher!”

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Le capitaine Jean-Luc Vivier quitte en famille Bourgoin-Jallieu pour Moulins où il sera chef d’escadron (Photo AV/LVDG)

Le capitaine Jean-Luc Vivier a quitté le commandement de l’escadron de gendarmerie mobile 25/5 de Bourgoin-Jallieu (Isère) pour le 17/5 de Moulins (Allier). Il est ravi de retourner dans son Auvergne natale. Ses hommes, un peu moins. Car ils avaient à la fois beaucoup de respect, de considération et d’amitié pour ce chef emblématique et sympa qui savait pousser des coups de gueule quand il le fallait. Un chef qui se vante (fermez les yeux dans les brigades territoriales ) “ de ne pas avoir, en 34 ans de service, pas un seul jour en gendarmerie départementale à se reprocher ! ”. Au point que ses femmes -son épouse et ses trois filles- ont des yeux  “bleu escadron” qui ne passent pas inaperçus !

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Pourtant, Aurélie Vivier détonne un peu dans cet ensemble. Aide-soignante, elle n’aime pas trop la matraque. Du coup, quand elle appris qu’Apolline, son aînée, voulait être Gendarme, elle lui a fait jurer de ne pas aller en escadron. Promesse tenue : Apolline est en brigade à Blesle (Haute-Loire) depuis sa sortie de l’école en mai 2019. Mais la dernière des filles, Garance, 12 ans, déjà excellente cavalière, voudrait bien intégrer la Garde républicaine. Julianne, née à Bourgoin lors du premier séjour des Vivier au quartier Brenier, sur les traces de sa mère, se prépare à être infirmière.

Le 25/5, escadron structuré et performant

Simple et chaleureuse fut la cérémonie puis la réception à laquelle étaient associés trois gradés et douze Gendarmes sur le départ, en présence de diverses autorités, du chef d’escadron Philippe Règnes représentant le Groupement de Gendarmerie mobile II/5 de Chambéry, de nombreux anciens et retraités. Comme Chonchon, Delépine, Dos Santos ou Renvoisé qui se consolent en disant que “de toutes façons, il devait partir, son temps de commandement au 25/5 étant terminé ”.

Le capitaine Vivier ayant souhaité la bienvenue aux 13 recrues affectées à l’unité ces trois derniers mois, a dit sa satisfaction du devoir accompli : “j’ai été fier de commander des femmes et des hommes comme vous à qui je vous dois cette réussite. Je retiens l‘engagement si particulier de Notre-Dame-des-Landes qui marquera ma carrière et, je pense, celle de beaucoup d’entre vous ”.

Il salue son successeur tout en rendant hommage à son prédécesseur : “Bon courage au capitaine Valentin Bouquin à qui je laisse un escadron structuré et performant comme je l’ai moi-même trouvé en prenant la suite, il y a cinq ans  du commandant Raymond Salomon”.

Il a vu Rudolf Hess

Fils d’un père, agriculteur à Bellenaves dans l’Allier, qui avait fait 27 mois en Algérie, Jean-Luc Vivier a fait son service militaire au 35e régiment d’infanterie de Belfort. Il a épousé Aurélie Clavel, fille d’un adjudant de Gendarmerie, dont la maman est maire de leur village de Saint-Ennemond (Allier).

Débutée à l’école des sous-officiers de Gendarmerie de Berlin en 1986 sans compter les nombreuses missions en métropole, ni les recyclages à Saint-Astier, sa carrière se résume ainsi : 34 ans de service, tous les grades jusqu’à celui de capitaine en 2012, 7 mutations, dont deux fois à Bourgoin et trois fois à Moulins, 18 séjours outre-mer, cinq séjours en Corse, deux opérations extérieures (Kosovo, Côte d’Ivoire). Le compteur n’est pas arrêté puisqu’il va prochainement repartir aux Antilles (Saint-Martin).

Il a côtoyé l’Histoire à plusieurs reprises, notamment lors des sommets du style G7 ou G8, mais surtout, jeune Gendarme en Allemagne de l’Ouest, comme élève-Gendarme en renfort à l’escadron de sécurité qui assurait pour la France la garde de la prison de Spandau. Depuis un mirador, Jean-Luc a vu en promenade dans la cour le seul détenu : Rudolf Hess, désigné comme le “dauphin d’Hitler”, condamné à perpétuité en 1946 au procès des dignitaires nazis à Nuremberg. La forteresse a été détruite après sa mort (en 1987 à 93 ans) afin qu’elle ne devienne pas lieu de pèlerinage pour nostalgiques du nazisme.

Marqué par Notre-Dame-des-Landes

La Voix du Gendarme a demandé au capitaine Vivier pourquoi l’évacuation de la ZAD fut si particulière?

Sa réponse:

En 34 ans de maintien de l’ordre, j’ai connu des missions difficiles, voire compliquées, parfois très dures, mais jamais intensives à ce point dans la violence et la durée comme en avril 2018 à Notre-Dame-des-Landes ! Pour la première fois en métropole il a fallu utiliser les engins blindés la Gendarmerie. Cette mission, escadron complet à 70 militaires sur le terrain pendant des jours et aussi des nuits interminables restera -certainement, du moins je le souhaite- comme l’engagement de ma carrière”.

Légendes

Le capitaine Vivier (au centre) en conversation avec le commandant Règne et le major Jouffroy