Patrick Leuthy, une figure de la mobile et de la montagne pose son sac

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Le major Patrick Leuthy, figure de la gendarmerie mobile et de la montagne où il est connu sous le sobriquet de “Miniguide”, vient de quitter la Gendarmerie au terme d’une ultime affectation de six ans à la tête du détachement de sécurité opérationnelle de la représentation permanente de l’Union européenne à Bruxelles. Désormais civil, il a rejoint la représentation permanente de la France auprès de l’ONU à Genève comme chef de sécurité opérationnel. Retour sur le parcours exceptionnel d’un sous-officier décoré de la médaille militaire à 40 ans. (*)

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Le major Leuthy a pleinement rempli sa mission avec un niveau d’excellence dépassant les attentes. Totalisant plus de 40 ans de service, le major Leuthy prendra sa retraite à l’issue d’une carrière exemplaire, riche et exceptionnelle qui fait honneur à la Gendarmerie” écrit son dernier notateur, l’ambassadeur Philippe Léglise-Costa, représentant permanent de la France auprès de l’Union européenne.

Patrick Leuthy pose le képi au terme d’un parcours débuté en 1985 comme gendarme auxiliaire. Formé au CIGA d’Auxerre, il intègre le Peloton de Gendarmerie de Montagne (PGM) d’Osseja (66) où il obtient le Brevet d’Alpinisme et de Skieur Militaire (BASM). Le lendemain de sa libération avec le grade de brigadier, le 7 avril 1986, il intègre directement l’école des sous-officiers à Châtellerault . À l’issue de sa scolarité, il rejoint l’escadron 23/5 de gendarmerie mobile à Pontcharra (38) le 6 décembre 1986.

Déplacé en Nouvelle Calédonie trois mois en 1987, il est détaché au Peloton de Surveillance et Intervention à Cheval (PSIC) à Népoui où il effectue de nombreuses “nomadisations” dans les montagnes de l’île pour retrouver l’assassin du gendarme Rémy Maréchal, tué par arme à feu le 28 avril 1987.

24 renforts au PGHM de Chamonix

Passionné de montagne, il obtient le brevet de chef de détachement haute Montagne et est régulièrement détaché au Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne de Chamonix où il participe à de nombreux secours techniques. Au total, il sera détaché à 24 reprises dans la prestigieuse unité. Il obtient d’ailleurs la médaille du secours en montagne en 1991, année de sa mutation à Saint-Denis de la Réunion où il est affecté comme formateur montagne au Groupe de Peleton Mobile (GPM), l’ancêtre de l’antenne GIGN. Il effectue ainsi plus de 200 secours et sauve la vie à de nombreuses personnes notamment à un militaire du 53 ème Bataillon de Commandement et des Services, blessé lors d’une randonnée en montagne.

Pendant les émeutes qui secouent l’île dans le quartier du Chaudron, il participe à l’extraction du premier ministre Michel Rocard et du ministre des Dom-Tom, Louis Le Pensec, afin de leur permettre de regagner l’aéroport sous la protection de véhicules blindés.  

Avec son diplôme d’arme en poche, il rentre en métropole en 1995 au peloton montagne de l’escadron 21/5 de gendarmerie mobile à Chambéry (73) comme formateur montagne. Il retrouve alors le PGHM de Chamonix où il est de nouveau détaché.

Le 9 février 1999, primo-intervenant, il participe pendant plusieurs jours et nuits suivantes, aux recherches des personnes disparues sous l’énorme avalanche qui balaye le hameau de Montroc, provoquant la mort de douze personnes. Une vingtaine de personnes indemnes ou blessées sont dégagées et quatorze chalets entièrement rasés.

Promu chef, il part à l’escadron 24/5 de gendarmerie mobile à Grenoble comme chef de groupe et référent montagne au sein du peloton montagne. Là encore, il est détaché au PGHM de Chamonix où il obtient une citation à l’ordre du régiment du commandant de la 5ème légion de gendarmerie mobile à Bron ainsi que la médaille d’honneur pour actes de courage et dévouement argent de 2e classe pour une opération de secours périlleuse sur l’Aiguille du midi.

Décoré de la médaille d’honneur de l’ONUCI

De 2003 à 2007, il est affecté comme chef du détachement de sécurité de l’ambassade de France en Côte d’Ivoire où il s’illustre à plusieurs reprises lors d’attaques conduites par des manifestants contre la représentation diplomatique.

le 12 novembre 2004, il s’est particulièrement distingué en évacuant par voie routière des agents du ministère des affaires étrangères et des ressortissants français depuis la résidence des Palmes à Cocody vers l’aéroport. Chef du convoi à bord d’un véhicule 4×4 blindé de l’ambassade, il donne l’ordre de franchir en force plusieurs barrages sous les jets de pierres d’une foule hostile.

Le 18 novembre 2005, en présence de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, le général commandant des forces Licorne des Nations Unies lui remet la médaille d’honneur de l’ONUCI pour avoir secouru dans un climat insurrectionnel un personnel haut placé de la mission ONUCI voué à une mort certaine. Pour l’ensemble de ces actions, il est cité à l’ordre de la division par le directeur général de la Gendarmerie nationale et se voit remettre la médaille d’or de la défense nationale avec étoile d’argent, le 15 février 2005. Il  est également décoré de la médaille d’honneur des affaires étrangères échelon argent par l’ambassadeur de France en République de Côte d’Ivoire le 26 octobre 2005. En 2006, alors adjudant, il retrouve le peloton montagne de l’escadron 24/5 de Grenoble.

Promu adjudant-chef le 1er novembre 2010, il est une nouvelle fois maintenu sur place en qualité d’adjoint au commandant du peloton montagne de l’unité iséroise. Il part une nouvelle fois en Guyane pour l’opération Harpie puis enchaîne sur la Réunion où il est

commandant de peloton adjoint du Détachement de Sécurité et d’Intervention (DSI) à Sainte-Marie.

De février à juin 2013, volontaire et sur tout son temps libre, il encadre et forme huit jeunes de 16 à 18 ans de l’association des cadets de la Gendarmerie de l’Isère pour un projet “objectif 4000 mètres” dans le massif du Mont-Blanc. Durant 5 mois, il va les préparer physiquement et techniquement avec une semaine d’acclimatation en altitude sur Chamonix. Pour cette action il reçoit la médaille de la jeunesse, des sports et de l’engagement associatif échelon Argent lui est décerné le 01/01/2015.  

Promu au grade de major le 1er mai 2014, il est une nouvelle fois maintenu dans son unité en qualité d’adjoint au commandant du peloton montagne de l’escadron 24/5 de Grenoble. Il est déployé en Nouvelle-Calédonie où il commande le Détachement de Surveillance et d’Intervention (DSI) de Houaïlou.

Du 23 octobre 2015 au 27 janvier 2016 en Guyane (973), il est détaché au Centre de Conduite des Opérations “Harpie” à l’État-major des Armées où il est chargé du suivi des demandes logistiques des six escadrons déplacés en Guyane. Il conduit d’initiative une étude qui permet de réaliser une économie de plus de 300 000 euros au commandement de la Gendarmerie de la Guyane (973) et obtient les félicitations du général, commandant la gendarmerie de Guyane (973).

Il est également engagé lors des opérations de rétablissement de l’ordre à Notre-Dame-Des-Landes où il obtient une citation sans croix simple à l’ordre du régiment Gendarmerie le 10 octobre 2018.

Parallèlement à ces déploiements, le major Leuthy continue à servir en renfort dans des divers PGHM dont celui de Chamonix à 24 reprises.

Il est également détaché à 45 reprises pour encadrer des stages de 15 jours en hiver comme été au Centre Régional et d’Instruction de Ski et d’Alpinisme (CRISA) comme instructeur. Il a ainsi formé plus de 1260 gendarmes!

Le 1 er aout 2019, il est affecté comme chef du détachement de sécurité à la Représentation Permanente de la France auprès de l’Union Européenne (RPFUE) à Bruxelles.

(*) Il est décoré de la médaille militaire, de la croix du combattant, de la médaille d’outre-mer échelon Vermeil, de la Défense nationale échelon or avec étoile d’argent, de la Défense nationale agrafe Gendarmerie échelon or, de la médaille de la sécurité intérieure échelon bronze agrafe PFUE, de deux médailles du courage et du dévouement argent et bronze, du titre de reconnaissance de la Nation, de la médaille d’honneur des affaires étrangères échelon argent, de la protection militaire du territoire avec agrafes Harpie, Trident et Egide, de la médaille de la jeunesse et des sports échelon argent, de la médaille d’honneur de l’ONUCI et de la médaille du secours en montagne.


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