Le dernier adieu à Jean-Pierre Picon, figure du GIGN, ancien otage à Ouvéa

En 1985 lors d'une visite de Charles Hernu et Pierre Joxe 1985.03.07 Pot. Sauvent Polaillon Héricher Picon Maynaud Declercq Cantié Geoffrin La colo Scellier Militon Massalot (Photo collection Andrea Franchi)

La Gendarmerie, et le GIGN ont accompagné ce mardi matin à sa dernière demeure leur camarade Jean-Pierre Picon, décédé à l’âge de 74 ans le 23 août. Ce Gendarme, sous-officier puis officier était une grande figure du GIGN “canal historique”. Ses obsèques ont été célébrées en l’église d’Andernos-les-Bains (Gironde).

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Le général de corps d’armée Olivier Kim, directeur des opérations et de l’emploi (DOE), ancien du GIGN, le général Ghislain Réty, commandant du GIGN, accompagné de plusieurs militaires de l’unité, étaient présents aux côtés des généraux Jean-Marc Détré et Loïc Baras, respectivement adjoint au général commandant la région Nouvelle Aquitaine et commandant du groupement de la Gironde.

Les grands anciens du GIGN et de l’EPIGN étaient également très nombreux pour dire adieu à Jean-Pierre Picon qui avait participé en juin dernier à Magnac-Laval (Haute-Vienne) au cinquantenaire de l’escadron parachutiste d’intervention de la Gendarmerie nationale (EPIGN) et l’escadron parachutiste de la gendarmerie mobile (EPGM). L’UNPRG de Gironde dont le défunt était membre depuis très longtemps était présente avec son drapeau. Le parquet de Libourne avait aussi dépêché une délégation pour rendre hommage à celui qui a été délégué du procureur de la République pendant de nombreuses années.

Jean-Pierre Picon était l’un des acteurs des tragiques évènements survenus en Nouvelle-Calédonie au milieu et à la fin des années 80. Il avait en effet commandé en 1985 l’équipe du GIGN qui avait tué avec un tir simultané le leader indépendantiste Eloi Machoro lors d’une prise d’otage. “Condamné à mort” par les indépendantistes, il avait été trois ans pus tard, l’un des acteurs de l’affaire de la grotte de Gossanah à Ouvéa en étant l’un des six otages volontaires.

Sous-officier à l”EPIGN puis officier au GIGN

Originaire des Landes, Jean-Pierre Picon, après sa formation à l’école de Gendarmerie de Berlin avait intégré le 1er février 1970 le 1er peloton porté de l’escadron 7/11 de Mont-de-Marsan. Le 15 décembre 1970, il a rejoint le 1er peloton parachutiste de l’escadron 9/11 de Mont-de-Marsan où il a obtenu le brevet n°16 et avec lequel il a participé à l’opération Tacaud au Tchad en 1979. 11 ans plus tard, alors adjudant et chef de groupe, il a passé et obtenu le concours d’officier et a rejoint l’EOGN le 3 septembre 1981. Deux ans après, le 1er août 1983, il a été directement affecté au GIGN comme commandant adjoint et où il a été le 83ème breveté.

Après l’affaire d’Ouvéa qui lui a valu la croix de la valeur militaire avec citation à l’ordre de l’armée (palme), il a rejoint le groupe instruction du GSIGN (groupement de sécurité et d’intervention de la Gendarmerie nationale) où il restera jusqu’en 1996, année de retour dans sa région natale, à Bordeaux comme adjoint du commandant de groupement de la Gironde. Il sera ensuite, de 1996 à 1999, chef du bureau personnel de la région puis, pour sa dernière année, chef du bureau évaluation contrôle de la région. Jean-Pierre Picon servira ensuite dans la réserve jusqu’en 2010 à l’état-major de la région zonale Aquitaine. À la retraite, il sera délégué du procureur de la République pendant de nombreuses années.

Jean-Pierre Picon a participé à de nombreuses missions de courte durée à l’étranger: Tchad, Les Comores, Côte d’Ivoire, Bénin, Mauritanie et Mali.

Titulaire de cinq témoignages de satisfaction dont deux du DGGN, de quatre lettres de félicitations, il a obtenu une citation sans croix en 1985.

Chevalier de la Légion d’honneur (1994), de l’ordre national du Mérite (1988), le lieutenant-colonel Picon était aussi titulaire de la croix de la valeur militaire avec palme, de la médaille d’outre-mer avec avec agrafes en vermeil Tchad et Liban, de la médaille de la Défense nationale échelon bronze et de la médaille de bronze des services militaires volontaires.

A sa famille, la Voix du Gendarme adresse ses condoléances attristées.

L’hommage du magistrat Jean Bianconi

Acteur majeur de l’affaire d’Ouvéa qui lui valu la croix de la valeur militaire avec palme, lui même retenu dans la grotte, dont il était autorisé à sortir, c’est lui qui a introduit d’abord une clé permettant d’ouvrir les menottes puis, scotchées dans son slip, deux armes ainsi que des munitions dont l’une a été utilisée par le capitaine Picon lors de l’opération Victor ayant permis de libérer les otages.

Pour avoir partagé le sort des otages : GIGN et gendarmes je ne peux que m’associer aux éloges adressés à Jean Pierre Picon. Son courage pendant cette épreuve, son calme et sa détermination le jour de l’assaut, ont été un facteur essentiel de la réussite de celui-ci. Il est regrettable que la Direction générale de la Gendarmerie n’ait jamais rendu un hommage solennel à Picon, mais aussi à Dubois, Pichegru, Guilloteau, Leroy, Meunier, qui, en se portant volontaires à ses côtés, ont sauvé la vie de l’adjudant Delahaye. Boucs émissaires de cette tragédie, le même hommage aurait dû, aussi, être rendu aux gendarmes pris en otages après l’attaque de la gendarmerie de Fayaoué”.

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