La section de recherches de Guyane, l’unité qui lutte contre les bandes armées brésiliennes

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Les enquêteurs de la section de recherches de Cayenne en Guyane ont démontré leur efficacité, leur ténacité et leur grande compétence lors de la traque fructueuse du tueur du major Arnaud Blanc, dit “Blanka”, ce militaire de l’antenne GIGN abattu par un garimpeiro lors d’une mission Harpie avec les FAG le 25 mars 2023.

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La section de recherches de Cayenne est une “SR” très atypique, même unique. 

Adaptée à la Guyane, département le plus criminogène de France avec une délinquance endémique, cette unité est en effet constituée de deux divisions : littoral et forêt. “Elle est l’unité en charge de la police judiciaire et notamment de la criminalité organisée en forêt équatoriale ”, s’enorgueillit son chef, le lieutenant-colonel Thierry Renaudin, à sa tête depuis octobre 2021. Renforcée en permanence pour la lutte contre l’orpaillage illégal (LCOI) par six OPJ en mission de courte durée (MCD) de trois ou quatre mois, et par une « task-force » de huit enquêteurs depuis octobre 2022, la SR de Cayenne dispose de 29 personnels dont 27 OPJ.Un portefeuille de 220 dossiersLa division littoral a dans son “portefeuille” les règlements de compte, les homicides entre brésiliens, les faits sériels et les vols à main armée dans les commerces et à domicile. Il y a énormément d’armes qui circulent en Guyane comme en témoignent les saisies opérées quotidiennement par la compagnie de Matoury . “ Nous sommes en Amérique latine, nous avons affaire à des factions brésiliennes qui viennent de l’état voisin de l’Amapa, de véritables bandes mafieuses avec des rites et des codes”, explique le chef de la SR.Ainsi, le tueur d’Arnaud Blanc faisait partie d’une bande armée brésilienne qui rackettait des orpailleurs clandestins. Les enquêteurs de la SR, dont certains sont lusophones, sont parvenus à créer des liens avec des Brésiliens et disposent d’informateurs qui connaissent le numéro de téléphone à appeler pour donner des informations. “Ils ont intérêt à balancer des rivaux, des individus à problème ou qui les menacent”, poursuit l’officier.Les enquêteurs de la division forêt, ayant tous suivi à leur arrivée le stage forêt avec l’antenne GIGN (lire par ailleurs), ont passé pour certains près de trois semaines dans la jungle lors de la traque du tueur de leur camarade Arnaud Blanc.Parmi les 220 dossiers de la section de recherches, une centaine concerne la forêt et plus de 8O% la criminalité organisée.En 2022, la section de recherches totalise 130 gardes à vue.