La Gendarmerie pleure “Breit”, figure emblématique de l’intervention professionnelle et du franchissement opérationnel (vidéo)

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Yannick Bretenstein (Photo DR/LVDG)

Son visage et sa haute stature étaient familiers des stagiaires du Centre national d’entrainement des forces de Gendarmerie (CNEFG) de Saint-Astier. L’adjudant Yannick Breitenstein, surnommé “Breit”, l’un des instructeurs les plus “capés” de l’Arme, est décédé à 52 ans le vendredi 16 juin dans un accident de montagne lors d’une course dans le massif des écrins, (Hautes-Alpes). Il procédait dans un cadre privé à l’ascension du Mont Pelvoux par la voie normale, le couloir Coolidge, avec le général de division Stéphane Bras, adjoint au directeur des opérations et de l’emploi, et ancien commandant du CNEFG et de la Gendarmerie de Guyane. Ce dernier est très gravement blessé et est hospitalisé à Briançon après avoir été secouru par le PGHM et la section aérienne de Briançon. Ce sont des alpinistes qui ont donné l’alerte. (*)

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Retraité depuis 2021 après 31 ans de services, Yannick s’était retiré à Saint-Astier où seront célébrées ses obsèques religieuses ce mercredi 21 juin. 

Inter Éclaireur skieur au 15/9 et chef de détachement haute-montagne

Originaire d’’Alsace où il était né en septembre 1970, “Breit” était un montagnard aguerri et très expérimenté. Titulaire de la très exigeante qualification de chef de détachement haute-montagne, obtenue à l’école militaire de haute-montagne de Chamonix (EMHM), il avait fait un long passage au 159 ème régiment d’infanterie alpine (RIA) de Briançon où il s’était engagé en 1989. Avec “le Régiment de la neige”, il avait acquis les brevets d’alpiniste et de skieurs militairs (BASM), le brevet de qualifications des troupes de montagne (BQTM) été et hiver, les brevets de chef de détachement haute-montagne été et hiver, le monitorat des techniques commando et avait projeté quatre mois à Mayotte en 1991 et quatre mois en Somalie en 1993. Il avait quitté en 1999 le 15/9 où il servait à la section de renseignement, unité d’élite du régiment ayant succédé à la section d’éclaireurs skieurs et ancêtre des groupements commandos montagne, avec le grade de sergent-chef, pour intégrer directement la Gendarmerie.

Sorti de l’école de Montluçon en septembre 2000, il avait commencé son parcours par l’escadron de montagne 22/5 d’Annecy au peloton d’intervention avec lequel il a participé à des déplacements en Nouvelle-Calédonie et à la Réunion. En 2004, il a rejoint la gendarmerie départementale et retrouvé les Hautes-Alpes à la brigade de Château-Ville-Vieille dans le massif du Queyras avant de gagner le département instruction du CNEFG de Saint-Astier pour un bail de cinq ans comme instructeur.

Il y avait acquis de multiples qualifications : instructeur puis expert en intervention professionnelle et en franchissement opérationnel, instructeur commando, brevet parachutiste, moniteur des techniques d’intervention opérationnelles rapprochées  (TIOR), directeur de mise en oeuvre des explosifs, conducteur VBRG, pilote d’embarcation, secouriste au combat, ..

En juillet 2011, il est revenu à Briançon au PSIG pour trois ans et en a profité pour maintenir ses compétences en haute montagne. En 2014, à sa demande, il a été affecté au peloton motorisé de Villefranche-de-Lauragais (31) puis, en aout 2016, est revenu à Saint-Astier jusqu’à sa retraite en 2021. 

Formateur détaché du commandement des écoles de la Gendarmerie, il a notamment participé à des missions en Ukraine et en Jordanie.

Titulaire de la médaille d’or de la Défense nationale avec agrafes “troupes de montagne” et “Gendarmerie”, de la médaille d’outre-mer échelon vermeil avec agrafe Somalie, et de la médaille de protection militaire du territoire, il avait été félicité à de très nombreuses reprises et avait été cité à l’ordre du régiment en 2018 par le Directeur général.

À son épouse et à ses deux filles, La Voix du Gendarme adresse ses condoléances attristées. 

Une collecte pour sa famille

L’émotion est immense dans la famille de l’intervention professionnelle où les hommages se succèdent sur un groupe Whats’Ap mais aussi sur Lnkedin.

J’ai eu l’honneur d’avoir parmi mes instructeurs du Cnefg, Yannick Breitenstein. Franc, généreux, toujours enthousiaste, grand professionnel. Une figure de notre cher Cnefg ! Que de grands moments passés, avec ses frères d’arme, animés par la passion de servir, une fraternelle camaraderie, et toujours présente, une bonne dose d’humour. Avec ce rire, si communicatif” écrit notamment le général de division (2S) Bertrand Cavallier, ancien chef du CNEFG et conseiller technique de la Voix du Gendarme.
Une collecte a été ouverte au profit de sa famille sur la plate-forme Leetchi : https://www.leetchi.com/fr/c/pour-breit-1905762

Didier CHALUMEAU

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