Avec 5,4 millions de visiteurs et plus de 420 000 demandes d’assistance, l’année 2024 marque un tournant pour la plateforme nationale de lutte contre la cybermalveillance. Portée par un contexte géopolitique tendu et les Jeux olympiques, la menace cyber ne cesse de s’intensifier.
Jamais Cybermalveillance.gouv.fr n’avait été autant sollicitée. En 2024, 423 021 demandes d’assistance ont été enregistrées sur la plateforme, soit près de 50 % de plus qu’en 2023. Les visiteurs ont aussi été au rendez-vous avec 5,4 millions de consultations, contre 3,8 millions l’année précédente. Ces chiffres, dévoilés le 27 mars 2025 lors de la présentation du rapport annuel du GIP Acyma, témoignent d’un niveau de menace élevé, stimulé notamment par les JO de Paris 2024 et un contexte géopolitique international sensible.
Une hausse généralisée des incidents
L’hameçonnage (phishing) arrive toujours en tête des demandes d’assistance, représentant :
– 33,7 % des demandes des particuliers,
– 20,7 % des entreprises,
– 24,4 % des collectivités.
Suivent le piratage de compte et les faux supports techniques. Le GIP note également une forte progression de la violation de données (+72 %), des virus et malwares (+58 %), du spam (+54 %), et du cyberharcèlement (+31 %).
« La menace devient de plus en plus diffuse, touchant désormais toutes les sphères de la société », a expliqué Jérôme Notin, directeur général du GIP Acyma.
Les particuliers toujours en première ligne
94 % des demandes d’assistance en 2024 émanent de particuliers, en hausse de 43 % par rapport à l’année précédente. Les entreprises et associations (5 %) voient également leurs requêtes croître (+24 %). Seules les collectivités et administrations enregistrent un léger recul (-4 %), bien que de nouvelles menaces, comme le cyberharcèlement professionnel, y soient désormais recensées.
Un point de vigilance souligné par Jérôme Notin : le transfert progressif du harcèlement du champ personnel vers le monde professionnel, notamment chez les élus et chefs d’entreprise.
🧭 Une nouvelle stratégie pour 2025-2030
Trois axes structurent la nouvelle feuille de route du GIP Acyma :
- Renforcer la visibilité et l’usage du 17Cyber, plateforme de signalement lancée en décembre 2024.
- Développer une marque forte de prévention cyber, en repensant peut-être même l’identité actuelle de Cybermalveillance.gouv.fr.
- Simplifier les démarches de signalement, en centralisant les portes d’entrée pour les citoyens, entreprises et collectivités.
« Il faut briser le plafond de verre de la notoriété.
17 Cyber peut devenir un réflexe national comme le 17 pour
la police », affirme Vincent Strubel, président du GIP
et directeur général de l’Anssi.
Et le filtre anti-arnaques ?
Promesse d’Emmanuel Macron, le filtre anti-arnaques est toujours « en cours ». Son cadre légal a été validé en 2024 via la loi SREN, mais des contraintes techniques et budgétaires ont freiné sa mise en œuvre. Il ne s’agit pas d’un projet abandonné, mais les modalités de son lancement restent à préciser.
En résumé :
✔️ +49,9 % de demandes d’assistance
✔️ 5,4 millions de visiteurs
✔️ L’hameçonnage toujours en tête des menaces
✔️ Une stratégie ambitieuse pour mieux protéger citoyens et professionnels
Crédit photo : Photo de Philipp Katzenberger sur Unsplash
