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Aisne : l’union départementale 02 n’oublie pas les déportés civils

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Le 14 décembre 2025 marquera l’histoire d’une famille ayant eu à connaître l’arbitraire et la barbarie. Cette reconnaissance nécessaire par son village, Robert Bricout l’aura attendue sans la voir se réaliser. Ce sont ses enfants, notamment Sylviane, notre adhérente, qui aura l’honneur de dévoiler la plaque signalétique d’un chemin rural portant le nom de son père, déporté civil durant la seconde guerre mondiale.

Autant les hommages aux morts pour la France, aux résistants, aux militaires sont fréquents que ceux rendus à la population innocente, silencieuse victime du totalitarisme et prise dans la violence de la guerre se fait rare. Parfois même, ces victimes essuient le refus faute de témoignages ou de rumeurs infondées qui effacent le droit à cette reconnaissance.

C’était le cas de Robert Bricout, réfractaire au service du travail obligatoire (STO) pendant la seconde guerre mondiale. Il entre dans la résistance avant d’être arrêté à la frontière Suisse en 1942. Déporté et interné dans plusieurs camps français et allemands, il a été libéré de celui de Flossenbürg, à la frontière Tchécoslovaque à la fin de la guerre. A son retour dans son village, il intègre la Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP) et en devient localement le porte-drapeau de l’emblème qu’il acquière à ses frais, le premier drapeau de la commune de Mondrepuis. Il le portera jusqu’en 1966 où sa fille Sylviane prendra la relève avant qu’il ne soit transmis à la jeune Eloïse en 2021. Cependant avec les affres du temps, le drapeau perdant de son éclat, sa fille fera comme le père et en financera un nouveau sur ses propres deniers avec l’aide administrative du président de l’ UD pour les démarches et son achat.

Pour cet hommage tant attendu, en présence d’une quinzaine de porte-drapeaux, dont celui de la FNDIRP porté par Eloïse, de la population locale, de figurants de l’association «Thiérache histoire vivante», de la famille de Robert Bricout (enfants et petits-enfants, neveux), de la présidente de l’ association Mondrepuisienne du souvenir du 17 mai 1940, du président cantonal des anciens combattants et de représentants de ceux de Mondrepuis, de l’harmonie municipale «l’Espérance», du maire d’Anor, des élus locaux, du président de l’ UD 02, du président de la communauté de communes du Pays des trois Rivières, de la sénatrice de l’ Aisne Pascale Gruny. Fabien Coquelet, le maire de Mondrepuis, a rappelé la signification de ce geste en mémoire de celui qui a vécu la souffrance. Donner son nom à un chemin qui représente celui d’une vie, sinueux, parfois difficile, mais traversé par la lueur de l’espoir. Dorénavant, son nom dans l’espace public permettra que son parcours ne tombe jamais dans l’oubli et ce lieu restera un symbole de mémoire, de respect et de vigilance en sachant que derrière ce nom gravé se cache une vie, une famille, une histoire.

Ce moment solennel permet de rappeler l’importance du devoir de mémoire comme l’a indiqué la Sénatrice lors de sa prise de parole, elle qui est membre du groupe d’études du monde combattant et de la mémoire au Sénat.

L’émotion était palpable au moment du dévoilement de la plaque par sa fille et les membres de sa famille aux côtés des élus devant le drapeau de la FNDIRP.

Par ce geste, Mondrepuis affirme son attachement aux valeurs de liberté, de dignité et de paix afin que ce lieu de passage, soit celui de la mémoire invitant chacun à se souvenir et surtout à ne jamais oublier. C’est à ce titre que l’ UD 02 participait à ce témoignage émouvant.

Patrice Van Lancker

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