Aisne : 30ème anniversaire célébré à la Nécropole nationale d’Effry

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Le 14 mai, comme chaque année depuis 30 ans, Pierre Delabre, président du comité de la mémoire de l’ossuaire d’Effry (Cmoe), organise l’hommage aux 688 victimes, hommes et femmes de 14 à 60 ans, de nationalités belge, française, italienne, roumaine, russe, morts atrocement en 1917, au Lazaret d’ Effry, dans les locaux de l’ancienne usine Briffault.

Le point de départ du défilé pour la cérémonie se situe, près des vestiges des deux rails traversant la chaussée où les wagons chargés des prisonniers entraient dans le lazaret. Il rejoint ensuite la nécropole nationale pour le premier hommage et s’en suit le retour pour un second moment de recueillement auprès du monument, érigé en 2007, matérialisant le site où ces martyrs ont perdu la vie.

En présence d’Alain Michel, maire d’Effry, du président de la communauté de communes du Pays des Trois Rivières et maire d’Hirson, de Mélanie Nicolas, conseillère départementale, du président départemental du souvenir Français, du représentant de l’Office national des combattants et victime de guerre, des présidents d’associations patriotiques, des médaillés militaires et de l’Ud02 ainsi que dix porte-drapeaux dont un drapeau belge, accompagnés par les musiciens de la batterie fanfare de Neuve-Maison, après le mot d’accueil du président du Cmoe, c’est son épouse qui a lu un long discours rappelant les terribles souffrances vécues au sein de ce qui était considéré en 1917 comme un hôpital, mais qui était avant tout un mouroir.

Dans un hangar de 900m2 s’entassaient de 1400 à 1600 personnes, des travailleurs civils déportés, des femmes, des enfants, des prisonniers, à demi vêtus, couchés sur des planches de bois avec ou sans paille, couverts de vermine, sans chauffage, dans l’obscurité et dans une atmosphère humide et malsaine. Peu et très mal nourris, croupissant sans soins avec des pansements sales, inchangés pendant plusieurs jours laissant les plaies s’infecter entraînant les amputations ou la mort, subissant les épidémies de diphtérie, de dysenterie et de fièvre typhoïde, ces conditions de vie occasionnaient en moyenne six décès par jour mais atteignant parfois le cap des 21 décès sur une seule journée. La survie de ces malheureux était pratiquement réduite à néant, sans espoir de pouvoir finir autrement que dans une fosse commune.

Ces centaines d’innocents, victimes de guerre ont retrouvé depuis 1927 une sépulture décente ensuite abandonnée près de 70 ans. Réhabilitée en 1993 grâce au dévouement de Pierre Delabre, maire honoraire d’Effry et de tous ceux qui lui ont apporté une aide en créant le comité de la mémoire de l’ossuaire d’Effry, dont les statuts sont parus le 25 août 1993 au journal officiel de la République Française.

L’inauguration officielle de la nécropole par le Médiateur de la République Jacques Pelletier sous le haut patronage du Président de la République François Mitterrand s’est tenue le 14 mai 1994 et a permis qu’aujourd’hui ce lieu soit enfin reconnu pour être inscrit sur la liste des sites mémoriels de l’Unesco depuis le 20 septembre 2023.

Cette nécropole nationale fait donc partie intégrante du patrimoine mondial de l’humanité au titre du devoir de mémoire et la cérémonie annuelle se tient chaque année le 14 mai en référence à son inauguration.

Patrice Van Lancker, président de l’Ud02.