Le général Bertrand Cavallier décoré de la médaille de la Gendarmerie à Saint-Astier (Vidéo)

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C’est “chez lui”, à Saint-Astier (Dordogne), au Centre national d’entraînement des forces de Gendarmerie de Saint-Astier (Dordogne) que le général de division (2S) Bertrand Cavallier, a reçu, avec une émotion palpable, la prestigieuse médaille de la Gendarmerie. Cette décoration décernée par le ministre des armées, est attribuée à titre très exceptionnel à des gendarmes ayant quitté le service actif. Quinze ans après son départ de l’Arme avec le grade de général de division à 54 ans, Bertrand Cavallier a donc été décoré de la médaille de la Gendarmerie qui lui a été attribuée par arrêté du 30 janvier 2026 de la ministre des armées.

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La médaille de la gendarmerie nationale est décernée au personnel dont le nom suit :

A titre exceptionnel

M. CAVALLIER (Bertrand), général de division en 2e section, en reconnaissance de ses activités et travaux

remarquables ayant conduit à donner une impulsion décisive au service général de l’arme.

Art. 2. – Le présent arrêté sera publié au Bulletin officiel des décorations, médailles et récompenses.

Fait le 30 janvier 2026.

CATHERINE VAUTRIN

C’est ce 8 juillet, lors de la cérémonie de remise des brevets aux gendarmes de la 4ᵉ promotion du diplôme d’arme rénové que le directeur général, le général d’armée Hubert Bonneau, a décoré l’ancien chef du CNEFG (2001-2006). Le général Cavallier qui est l’un des rares généraux à pouvoir arborer le brevet d’expert en intervention professionnelle (*) – et à réussir à 68 ans le parcours de la très exigeante piste rouge du CNEFG – a été décoré devant un parterre fourni de gendarmes mobiles, d’anciens commandants ou cadres instructeurs de Saint-Astier. Parmi ceux-ci citons les généraux Stéphane Bras (commandant en second la région de gendarmerie Île de France), Bertin Malhet (inspecteur de la gendarmerie mobile et ancien commandant du CNEFG), Frantz Tavart, commandant de l’AMGN, Olivier Capelle, futur chef du CNEFG le 1er aout prochain, Christophe Brochier (commandant l’école de Tulle) les généraux (2S) Hervé Massiot, Michel Pidoux (ancien commandant du CNEFG), le colonel (H) Philippe Cholous (spécialiste du maintien de l’ordre et auteur de plusieurs ouvrages de référence sur ce sujet), les colonels Philippe Alexandre Assou, commandant du groupement de la Vienne, et Olivier Casties, commandant le groupement de gendarmerie mobile II/6 de Hyères et le major (R) Ronan Coat, expert en intervention professionnelle, ancien cadre du CNEFG.

Pour comprendre le parcours et l’engagement militaire de Bertrand Cavallier, fils, gendre, frère, beau-frère et père de gendarmes, il faut se plonger dans son histoire familiale fortement marquée par le métier des armes. D’abord son grand-père Eugène, officier de la coloniale. Son père, Pierre, officier de Gendarmerie ayant notamment commandé la compagnie de Saint-Claude (Jura), et ayant terminé dans le Vaucluse comme commandant en second du groupement, lui a montré la voie ainsi qu’à son frère cadet, Philippe, qui a quitté l’Arme au grade de lieutenant-colonel au terme d’un parcours marqué par les opérations extérieures. Engagé dans un RIC (régiment d’infanterie coloniale) dans la fameuse première armée, Pierre Cavallier est blessé grièvement entre Mulhouse et Colmar lors d’un assaut. Il combat ensuite en Indochine dès 1945 où il effectue deux séjours au cours desquels il est décoré de la croix de guerre avec plusieurs citations. C’est là qu’il découvre avec étonnement mais aussi admiration ces gendarmes patrouillant à deux au coeur des zones les plus dures, et que naît son intérêt pour cette armée. Devenu sergent-chef, il réussit le concours de l’ESMIA, et choisit l’infanterie pour rejoindre à la sortie de l’école d’application les chasseurs alpins. Dès 1954, lieutenant, il est déployé en Algérie, en zone opérationnelle à la tête d’une compagnie. En 1956, il intègre l’EOGN à Melun. Au sortir de cette scolarité, Pierre Cavallier fait partie des rares volontaires pour être affecté en Algérie, où il sert, en gendarmerie mobile, successivement en Kabylie puis dans l’Algérois. Plusieurs fois cité, il vit difficilement les déchirements profonds qui marquent cette époque, notamment au sein de l’armée française. En 1963, à partir des effectifs de trois escadrons dissous en Algérie, il devient le premier commandant de l’escadron de gendarmerie mobile de Chatellerault nouvellement créé. Le jeune Bertrand, né à Melun, évolue dans cette ambiance troublée dont il conservera des souvenirs marquants dont l’attaque de la caserne, et le départ précipité vers l’aéroport d’Alger au milieu des flux de Pieds noirs forcés de tout abandonner.

Entouré du général Capelle, futur chef de corps du CNEFG et du général Bertin Malhet, ancien chef de corps (Photo Gendarmerie)

Si la direction générale de la Gendarmerie – qui le consulte régulièrement- a décidé d’honorer le général Cavallier quinze ans après son départ, c’est pour son parcours dans la Gendarmerie avant son départ mais aussi depuis, pour son implication constante et jamais démentie au service de l’Arme. Dans ses interventions sur les plateaux de télévision ou dans ses articles, interviews dans la presse écrite (Atlantico, La revue du Trèfle, la Voix du Gendarme notamment) cet ambassadeur de la Gendarmerie n’a de cesse de mettre en avant l’institution et de vanter son modèle, son organisation et son savoir-faire que ce soit dans le maintien de l’ordre ou la police judiciaire et de la défendre lorsqu’il en est besoin. Intervenant régulier à l’école de guerre, à l’académie militaire de la Gendarmerie (AMGN) et dans d’autres lieux, Bertrand Cavallier partage son expérience, mais aussi sa vision de la Gendarmerie en prônant inlassablement une militarité renforcée et un commandement militaire revendiqué et assumé. Depuis plus de dix ans, avec l’ONG suisse Coginta, dans le cadre de projets de l’UE principalement mis en oeuvre en Afrique, Bertrand Cavallier promeut le soutien aux gendarmeries soeurs dont l’engagement est essentiel à la protection des populations et à la préservation de la stabilité face aux nouveaux périls. Il a également contribué au développement des relations entre la Gendarmerie et l’académie de la police suisse de Savatan commandée par le colonel Alain Bergonzoli.

Précurseur, visionnaire, l’officier, qui aime écrire et conceptualiser est à l’origine de la création de la Force de Gendarmerie européenne. Alors chef du CNEFG, c’est lui qui l’a en effet initié lors de la visite de la ministre des armées Michèle Alliot-Marie au centre en mars 2003. Lorsqu’il était chef du bureau défense à la DGGN, il a joué un rôle déterminant dans l’évolution du concept de gestion de crise de l’Union Européenne (volet civil, restauration de la sécurité, développement des capacités de police; force de police européenne).Le général Cavallier a été aussi l’initiateur des PI2G (peloton d’intervention de 2ème génération) préfigurant les antennes GIGN.

Passionné, il est capable de fulminer contre un grand quotidien national qui illustre régulièrement des sujets gendarmerie avec une photo de la Police nationale ou contre un syndicaliste qui a omis de citer la gendarmerie lors d’une opération où elle était présente.

Un parcours marqué par de nombreux commandements opérationnels

Ayant baigné dans le milieu militaire dans une famille très patriote, c’est tout naturellement que Bertrand Cavallier, s’est orienté vers le métier des armes en effectuant ses premiers pas sous l’uniforme à l’Ecole militaire préparatoire d’Aix-en-Provence, en 1974.

En 1976, il intègre l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr et effectue son séjour en corps de troupe comme sergent au 152ème régiment d’infanterie (les diables rouges). Très bien classé, il rejoint l’École des officiers de la Gendarmerie Nationale à Melun (77) après avoir été tenté par la Légion étrangère ou les troupes de Marine. Pendant sa scolarité, il obtient un diplôme d’histoire militaire qu’il complètera par la suite par une maitrise d’histoire.

Lieutenant en 1979, il est affecté à l’escadron 2/15 de gendarmerie mobile de Bron (69) en qualité de commandant de peloton. Il y noue des relations indéfectibles de camaraderie avec les hommes de son unité qu’il revoit aussi souvent que possible. Ce passage dans la gendarmerie mobile sera déterminant pour la suite de son parcours.

Promu capitaine en 1983, il a l’honneur et la joie d’être choisi pour être officier instructeur à l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr. Il a en charge la formation morale, tactique et technique des élèves officiers. Certains des élèves de la promotion Gaucher, dont le préfet de région Jacques Witkowski, les généraux (2s) Laurent Tavel (ancien commandant de la région Auyvergne Rhône-Alpes), Patrick Valentini (ancien comgend de Guyane), Pierre Liot de Norbecourt (ex-directeur des opérations de la DGSE), Philippe Boutinaud, (ancien commandant de la BSPP), Bertrand Boyard (ancien chef de la brigade franco-allemande) …en conservent des souvenirs impérissables.

En septembre 1985, il prend le commandement de la compagnie d’Annecy (74). À la tête de cette unité, il se distingue à plusieurs reprises, en particulier en qualité de directeur d’une enquête permettant le démantèlement d’un gang de criminels auteurs de cinq meurtres de personnes âgées, mais également par la neutralisation par arme à feu d’un auteur de home-jackings violents.

Le 1er janvier 1989, il rejoint l’état-major de la Légion de gendarmerie départementale Rhône-Alpes à Bron (69) en tant que chef du bureau instruction et défense et est promu au grade de chef d’escadron le 1er mars 1989.

Du 1er septembre 1992 au 31 août 1993, il rejoint l’école militaire à Paris en qualité de stagiaire à l’École de guerre.

Le 1er septembre 1993, il retrouve la gendarmerie mobile et prend le commandement du groupement de gendarmerie mobile II/2 Mont-de-Marsan (40) avec lequel il effectue de nombreuses missions de maintien de l’ordre, en métropole et dans les départements et territoires d’outre-mer (Guadeloupe, Nouvelle-Calédonie).

Il s’implique par ailleurs de façon très soutenue dans la réforme de la doctrine d’emploi de la gendarmerie mobile, de son organisation (initiation du PI…) et de ses équipements et est promu au grade de lieutenant-colonel le 1er mars 1994.

Le 1er juillet 1996, il prend la tête du groupement de gendarmerie départementale des Pyrénées orientales (66), dont l’un des axes forts est l’intensification de la coopération transfrontalière, en particulier avec la Guardia Civil espagnole.

Il rejoint le 1er mai 1998 la légion de gendarmerie départementale de Corse à Ajaccio (2A) en qualité de chef d’état-major, dans un contexte exceptionnel visant à rétablir l’état de droit. Il propose alors la création du Groupe de pelotons de sécurité (GPS) qui réunit les trois fonctions d’intervention, observation-renseignement et protection, ainsi que le renforcement de la Section de recherches dans ses capacités en matière d’enquête financière.

Dans la terrible affaire des paillotes, s’étant initialement fermement opposé à un projet d’action clandestine de destruction par le feu d’une paillote, il brave les consignes de sa hiérarchie lui intimant de se taire. Son témoignage contre le préfet Bernard Bonnet et le colonel Henri Mazères sera déterminant dans l’enquête et la condamnation des instigateurs. Cette affaire a failli être fatale à la Gendarmerie, une dissolution de l’Arme ayant été évoquée. Il voue une grande reconnaissance au général d’armée Yves Capdepont qui fut alors l’un des très rares généraux à lui apporter son soutien.

Le 16 juillet 1999, il est affecté en qualité de chef du bureau défense à la DGGN. Dans ces fonctions, il joue un rôle déterminant dans l’évolution du concept de gestion de crise de l’Union Européenne (volet civil, restauration de la sécurité, développement des capacités de police; force de police européenne). Par ailleurs, en liaison avec la division emploi de l’EMA, il participe activement aux travaux relatifs à l’engagement de la gendarmerie aux côtés des armées, plus particulièrement de l’armée de terre, dans les opérations extérieures (Ex-Yougoslavie, RCI) ainsi qu’à la pérennisation de la prévôté.

Le 1er juillet 2002, le colonel Cavallier prend le commandement du Centre National d’Entraînement des Forces de Gendarmerie à Saint-Astier (24). Sous son impulsion, cette école qui accueille plus de 1000 stagiaires français et étrangers par s’impose à son initiative comme centre d’excellence européen de l’ordre public. Le CNEFG initie et développe notamment une coopération avec la gendarmerie roumaine qui perdure aujourd’hui ainsi qu’avec la garde nationale ukrainienne. Il développe aussi le concept de la violence globale qui impose d’adapter l’entraînement des gendarmes.

Le centre accueille pour la première fois en 2006, l’association des journalistes de la défense (AJD) pour un stage d’information sur le maintien de l’ordre de haute intensité portant sur les engagements en France et dans le cadre des opérations extérieures. Ce stage sera pérennisé et depuis 2006, ce sont des dizaines de journalistes qui ont été accueillis à Saint-Astier.

Pendant son commandement du CNEFG, le colonel Cavallier, participe de façon très active à la conception de manœuvre de l’opération de maintien de l’ordre montée à l’occasion du sommet du G8 à Evian, en juin 2003.

Le 1er août 2007, il prend le commandement de la Région de Gendarmerie de Picardie à Amiens (80). Il y pratique une politique de ressources humaines innovante et contribue par ailleurs aux réformes nationales en cours portant sur l’organisation du service des unités territoriales.

Il est nommé général le 1er janvier 2009 et en juillet suivant, il est affecté comme sous-directeur des compétences (recrutement-formation) au service des ressources humaines de la DGGN. Il reçoit du Dggn, le général d’armée Roland Gilles, pour mission de rénover en profondeur la formation de l’ensemble des personnels, en réaffirmant notamment l’identité militaire. Dans ce poste, il initie notamment un parcours innovant de formation des gradés, ainsi que des officiers issus du rang, la restauration du stage de diplôme d’état-major, et supervise la mise en oeuvre du recrutement des sous-officiers par voie de concours. Il est également en charge de la mise en condition opérationnelle (MCO) des unités constituées et personnels de gendarmerie déployés en Afghanistan.

À sa demande, à 54 ans, en désaccord sur l’évolution du positionnement de la gendarmerie, et le processus insidieux de sa démilitarisation, il quitte le service actif et rejoint la deuxième section des officiers généraux.

Un ambassadeur de la Gendarmerie à l’étranger

Bertrand Cavallier a conduit de multiples missions à l’étranger durant son parcours dans l’Arme, Jordanie, Bosnie-Herzgovine, Ukraine, Russie et participé à des stages dans des unités de police d’autres pays comme aux Etats-Unis.

Il a en particulier conduit une mission d’assistance à la gendarmerie cambodgienne (contribution à l’élaboration du code de procédure pénale, à la loi sur la gendarmerie cambodgienne, organisation de l’Etat-major, formation des unités opérationnelles…)
Il a également été expert européen dans le cadre du programme PHARE au profit de la gendarmerie roumaine (modernisation et mise en conformité avec les standards européens)

Titulaire du brevet des Spetsnaz ukrainiens

Instructeur en intervention professionnelle, instructeur commando, titulaire des brevets parachutistes français et allemands, Bertrand Cavallier est un des très rares militaires français à avoir passé les épreuves pour obtenir le brevet des Spetsnaz ukrainiens.

(*) Brevet d’instructeur agrémenté des étoiles bleu, blanc, rouge. Est attribué aux instructeurs en intervention professionnelle affectés au CNEFG pendant cinq ans minimum.

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