Le chauffard multirécidiviste ayant mortellement renversé au volant d’une BMW série 1 l’adjudant-chef Eric Comyn le 26 août 2024 à Mougins (Alpes-Maritimes) lors d’un refus d’obtempérer est renvoyé devant la Cour d’assises des Alpes-Maritimes pour meurtre. Le sous-officier du peloton motorisé de Mandelieu-la-Napoule, un gendarme chevronné, participait à une opération de contrôle routier à Mougins à la limite du Cannet près de la sortie 42 de l’autoroute A 8.
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Luis Antonio Mendes Vaz, un Cap Verdien de 39 ans, en situation régulière sur le territoire national, déjà condamné dix fois entre 2005 et 2018, dont six fois pour des délits routiers et notamment deux fois pour conduite en état d’ivresse, roulait avec un taux d’alcool estimé à 2,65 grammes d’alcool dans le sang. Il a interjeté appel de l’ordonnance le renvoyant aux assises.
Pendant toute l’instruction, l’automobiliste, en détention provisoire a affirmé avoir involontairement percuté le gendarme qu’il n’a pas vu. Il a même soutenu ne pas avoir su ce qu’il avait percuté et avoir continué sa route sous l’effet de la panique et de la peur..
Son avocate, Me Marie Seguin du barreau de Nice, a sollicité la requalification des faits en délit “d’homicide routier aggravé par les circonstances d’alcoolémie, de délit de fuite et sur dépositaire de l’autorité publique”. Elle a en effet estimé que l’intention homicide ne pouvait être caractérisée.
La juge d’instruction a estimé au contraire que le conducteur a délibérément foncé sur le gendarme.
Elle conclut que le suspect “a donné volontairement la mort à l’adjudant Eric Comyn” et estime que « la circonstance aggravante de la qualité de personne dépositaire de l’autorité publique est établie, puisqu’il a été démontré que l’adjudant a été tué alors qu’il était dans l’exercice de ses fonctions et que le suspect a eu connaissance de cette qualité au moment des faits, ayant vu le contrôle de gendarmerie et avoué à sa sœur dans les minutes ayant suivis les faits qu’il avait renversé un gendarme”..
L’accélération délibérée du véhicule
Le magistrat motive sa décision par “l’accélération délibérée du véhicule” conduit par le suspect “juste avant l’impact”. Deux témoins affirment précisément que malgré les signes du gendarmes avec sa lampe torche pour le contrôler, l’automobiliste a brutalement, continué sa route de manière rectiligne.
Aucune manœuvre d’évitement de la part du suspect n’a été constatée par les experts en accidentologie. Le suspect n’a pas freiné comme l’attestent ses feux stop qui ne se sont pas allumés. Concernant la visibilité, l’ordonnance affirme qu’elle était “bonne” et qu’il y avait “de l’éclairage public”.
Me Pauline Ragot du barreau de Paris, l’avocate de la famille d’Eric Comyn, salue le travail “remarquable” des juges d’instruction qui ont écarté la nouvelle incrimination d’homicide routier – créé en juillet 2025- et le travail “exceptionnel” des enquêteurs de la Gendarmerie, notamment une modélisation en trois dimensions et en vidéo du drame.
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“Le signal envoyé par la justice est très clair : percuter de plein fouet et à vive allure un représentant de la force publique à l’occasion d’un refus d’obtempérer est un des actes criminels les plus graves de notre État de droit et doit être jugé comme tel », souligne Me Pauline Ragot. .
C’est donc une première étape satisfaisante pour la famille d’Eric Comyn qui “accueille cette décision avec satisfaction” et qui se prépare désormais “au procès d’assises qui, elle l’espère, se tiendra, dans les meilleurs délais”.
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