Selon une étude, 39,2% des gendarmes et policiers interrogés jugent les contrôles d’identité peu voire pas efficaces

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Gendarmerie photo
(Photo Illustration LVDG)
Selon une récente étude publiée par le Défenseur des droits, une proportion notable de Gendarmes et de policiers remet en question l’efficacité des contrôles d’identité dans la sécurisation des territoires. Ils sont jugés peu voire pas efficaces pour garantir la sécurité d’un territoire pour 39,2% des gendarmes et policiers interrogés. Les contrôles d’identité sont estimés à près de 47 millions par an selon la Cour des comptes.

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Cette enquête a été réalisée par le Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP).
L’étude met également en lumière un scepticisme particulier concernant les contrôles ciblant les consommateurs de cannabis, avec 69,5% des policiers doutant de leur utilité. En outre, bien que l’usage excessif de la force soit largement condamné, une majorité (environ 60 %) admet que, dans certains cas, un dépassement des limites légales pourrait être justifié.
Par ailleurs, la recherche souligne une priorisation de la mission sur le respect strict de la loi, une vision partagée par plus de 50% des participants contre 45,2%. Les résultats indiquent, en effet, un besoin criant de formation continue, notamment sur la désescalade de la violence, une compétence que seule une minorité a pu développer au cours de l’année précédente.
L’étude révèle une insuffisance de formation sur les droits des citoyens chez presque la moitié des agents, malgré une connaissance plus répandue du droit des mineurs et de la non-discrimination. Les connaissances sur le droit des réfugiés, des étrangers ainsi que les droits économiques et sociaux restent cependant limités.
Face à ces constats, le Défenseur des droits appelle à une réforme en profondeur, notamment en renforçant la formation initiale et continue des forces de l’ordre et en instaurant une évaluation systématique des contrôles d’identité pour en mesurer l’efficacité et l’impact sur la population.
Cette étude repose sur les réponses de 976 Gendarmes et 655 policiers issus de sept départements, reflétant ainsi un large éventail de perceptions et d’expériences au sein des forces de l’ordre françaises.

Déontologie et relations police-population : les attitudes des gendarmes et des policiers”

Avec AFP