Au terme d’une aussi efficace que remarquable enquête, le meurtrier présumé de la joggeuse Agathe Hilairet a été interpellé par les gendarmes de la Vienne et confondu par des éléments matériels dont l’Adn de la victime retrouvé dans son véhicule. Didier Laroche, ouvrier agricole de 60 ans, condamné en 2004 à trente ans de prison dont vingt de sûreté et libéré en 2024, a été mis en examen, ce vendredi 12 septembre, pour “meurtre précédé d’enlèvement et séquestration”. Il a été placé en détention provisoire conformément aux réquisitions du parquet.
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L’homme également condamné en 1994 par la cour d’assises du Puy-de-Dôme à la peine de 12 ans de réclusion pour des faits de viol commis sous la menace d’une arme a reconnu “sa présence sur les lieux et avoir été contact avec Agathe Hilairet”, a indiqué la procureure de la République de Poitiers, Rachel Bray.
Le suspect admet “avoir porté deux coups ayant entraîné la mort mais sans intention de la donner« , a déclaré son avocat Aurélien Bourdier à TF1.
Depuis la disparition le 10 avril 2025 de la joggeuse lors d’un footing sur la commune de Voulon, les gendarme ont conduit un travail d’enquête colossal. D’abord les militaires du groupement de gendarmerie départementale de la Vienne dans le cadre d’une disparition inquiétante.

Après l’ouverture d’une information judiciaire le 14 avril 2025, les gendarmes de la brigade de recherches et de la section de recherches de Poitiers ont enquêté avec opiniâtreté et discrétion.
7000 appels à témoins vérifiés!
Les 17 enquêteurs affectés aux investigations ont ainsi réalisé le travail suivant a précisé la procureure de Poitiers dans un communiqué de presse :
7.000 appels à témoins vérifiés dont une centaine ont fait l’objet d’une audition et de rapprochement ; 750 signalements vérifiés provenant de l’ensemble du territoire ; 1.200 heures de vidéo-surveillance visionnées ; 22 interceptions téléphoniques mises en place et suivies ; 10 véhicules mis sous surveillance ou suivis ; 1.000 auditions recueillies ; 1650 procès-verbaux d’investigations rédigés ; 160 environnements de personnes réalisés.
Tout ce travail d’enquête, qualifié de “particulièrement conséquent” par la procureure a débouché sur “une convergence d’éléments” qui ont permis de concentrer les recherches sur le suspect, demeurant à Vivonne et inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS).

Après une incarcération en Corse, ce dernier bénéficiait depuis le mois d’avril 2024 d’un aménagement de peine sous la forme d’un placement extérieur dans la Vienne.
Il était sous surveillance judiciaire depuis le 5octobre 2024 avec injonction de soins, résidence dans un lieu déterminé, interdiction de contact avec les victimes, interdiction de détenir une arme et obligation de travail.
“Laroche est un homme dangereux, violent, incapable de résister à ses envies : il recommencera”, avait prévenu le l’avocat général chargé de requérir contre lui devant la cour d’assises du Puy de Dôme.
Une prédiction qui s’est hélas réalisée.

