
La Gendarmerie est pleinement associée à la sécurisation de la 3ème conférence des Nations Unies sur les océans (UNOC 3) qui se tient depuis le 6 juin et jusqu’au 13 juin à Nice et Monaco avec soixante chefs d’état ou chefs de gouvernement présents, dont le président de la République française. 2000 gendarmes sont engagés dans le dispositif qui été a visité le vendredi 6 juin par le Directeur général, le général d’armée Hubert Bonneau.
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Bien que force concourante puisque le sommet se tient en zone Police nationale, la Gendarmerie a mis en oeuvre une manoeuvre inédite à bien des points de vue.

Commandées depuis le PC haut installé en préfecture par le général de corps d’armée Arnaud Browaëys, commandant de la région de Gendarmerie sud et de la Gendarmerie pour la zone de sécurité sud, les forces de Gendarmerie qui incluent tous les moyens spéciaux, sont articulées autour des gendarmes départementaux des Alpes Maritimes et des gendarmes mobiles présents en nombre. Deux gendarmeries spécialisées, la maritime (Gendmar) et la Gendarmerie des transports aériens sont largement impliquées en mer et à l’aéroport Nice Côte d’Azur.
La Gendarmerie qui a engagé 2000 hommes sur un total de 6000 personnels des forces de sécurité et des forces armées est présente dans les trois composantes du dispositif :
terrestre, placée sous l’autorité du préfet des Alpes-Maritimes Laurent Hottiaux, maritime, dirigée par le préfet maritime, et aérienne, pilotée par l’Armée de l’air et de l’espace.
Plusieurs missions confiées à la Gendarmerie
La Gendarmerie des Alpes-Maritimes, commandée par le colonel Benoît Taponat, qui a conçu le dispositif avec son état-major, est totalement mobilisée avec ses 850 effectifs d’active -dont les permissions et repos ont été supprimées pour la durée du sommet- et ses 540 réservistes dont beaucoup ont été activés au fil de l’eau en fonction des besoins.

Les gendarmes maralpins, renforcés par des effectifs venus de toute la France et de la plaque parisienne, et des moyens spéciaux dont le GIGN et la lutte anti-drone (LAD) se sont vus confier plusieurs missions bien précises.
Une dizaine de LAPI mis en oeuvre
L’une, la plus importante en termes d’effectifs est de contrôler dans la profondeur les flux routiers sur les axes conduisant à Nice. Avec une dizaine de LAPI (lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation), répartis sur les sept postes autour de Nice, – dont l’un en zone Police- les gendarmes sont en mesure de détecter des véhicules faisant l’objet de fiches ou de signalements. Disposant de prérogatives spéciales accordées temporairement par les parquets de Nice et Grasse, les militaires procédent à des contrôles approfondis afin de déceler et de neutraliser, le cas échéant, des individus recherchés ou susceptibles de présenter une menace.

Des milliers de personnes ont ainsi été contrôlées, passées aux différents fichiers dont celui des personnes recherchées. La “pêche” a été bonne puisque plusieurs dizaines ont ainsi été quotidiennement interpellées et placées en garde à vue pour divers délits, dont détention d’armes ou stupéfiants.
L’autre mission très “gourmande” en effectifs est inédite pour la Gendarmerie qui se voit confier la mission, de “tenir” les trois gares de Nice et de procéder à une reconnaissance de l’intérieur des trains entre Antibes et Menton dans les deux sens afin de décaler des individus pouvant présenter une menace pour le sommet (contestataires, individus radicalisés,) ainsi que des délinquants de droit commun.
Les gendarmes tiennent les points hauts autour de Monaco
La troisième mission qui s’est déroulée les 7 et 8 juin a consisté à sécuriser la visite d’état du président de la République à Monaco en reconnaissant la périphérie de la principauté et en tenant les points hauts.

Ainsi, le Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne (PGHM) de Saint-Sauveur-sur-Tinée et le groupe montagne Gendarmerie (GMG) des Alpes-Maritimes ont patrouillé sur les hauteurs surplombant Monaco à Eze, la Turbie et Roquebrune Cap Martin. Ils ont été aidés par des motards qui ont sillonné les sentiers avec des motos tout terrain.
Une balade des conjoints sous très haute surveillance à Saint-Paul-de-Vence
La quatrième mission d’importance a été de sécuriser en toute discrètion la visite des conjoints des chefs d’état ce lundi à Saint-Paul de Vence. Le GIGN et la lutte anti-drone ont notamment été engagés aux côtés de la compagnie de Grasse renforcée par des mobiles.
La fluidité de l’autoroute A 8 comme objectif
La cinquième mission consiste à garantir depuis le 27 mai et jusqu’au 15 juin la fluidité de l’autoroute A 8, spécialement en cas de passage d’un cortège d’autorité française ou étrangère. Cela requiert entre 25 et 30 gendarmes par jour.
Un traitement judiciaire en temps réel
La sixième mission est judiciaire avec le traitement en temps réel de toutes les interpellations réalisées dans le cadre du dispositif UNOC. Le dispositif est dimensionné en conséquence avec 35 gendarmes par jour issus des unités de recherches du groupement, de l’EDSR, de la brigade départementale de renseignements et d’investigations judiciaires (BDRIJ) et de la cellule en identification criminelle (CIC).

Enfin les gendarmes sont largement engagés sur la protection des installations et sites stratégiques tels que les postes sources du réseau électrique, dont deux été sabotés le 22 mai pendant le festival de Cannes. Toutes les unités du groupement sont concernées ainsi que les réservistes.
Le détail des moyens engagés
Côté maintien de l’ordre, la Gendarmerie a fourni 20 escadrons de gendarmerie mobile, soit la quasi moitié des UFM (unités de forces mobiles), présentes. Ces EGM, répartis en quatre groupement tactiques Gendarmerie (GTG), sont placés sous les ordres d’un GOMO (Groupement opérationnel de maintien de l’ordre), le colonel Vincent de l’Estang Du Rusquec.
En ce qui concerne les escortes des chefs d’état, près de 100 gendarmes motocyclistes venus de toute la France ont renforcé leurs camarades de l’EDSR 06.

Sur l’eau, la Gendarmerie départementale a réuni plusieurs brigades nautiques en renfort de celle d’Antibes et la gendarmerie maritime a déployé plusieurs vedettes, notamment la Vésubie (Nice), l’Argens (Saint-Raphael), la Maury (Gruissan), la Jonquille, (groupement de Toulon) ainsi que des semi-rigides. Au total ce sont 37 embarcations appartenant à la Marine nationale, à la Gendarmerie, à la Police nationale, aux affaires maritimes qui ont été déployées.

dans la troisième dimension : deux hélicoptères des forces aériennes de la Gendarmerie ainsi que des drones et des moyens anti drones (LAD).
ont également été engagés : le GIGN avec l’antenne d’Orange et des éléments de Versailles Satory, des moyens de déminage, des équipes cynophiles, des LAPI, un détachement du Centre national des opérations (CNO), des enquêteurs d’unités de police judiciaire.. la Garde républicaine pour l’accueil protocolaire des chefs d’état au dîner officiel au Négresco, la Cellule nationale d’aide à la mobilité (CNAMO).
