Le Centre de recherche de la Gendarmerie nationale vient de publier la synthèse d’un atelier consacré aux liens entre santé mentale et sécurité intérieure. Chercheurs, professionnels de santé, associations et acteurs de la sécurité ont notamment travaillé sur la prévention, l’accompagnement des personnes souffrant de troubles psychiques et l’exposition particulière des professionnels de la sécurité.
La santé mentale ne relève plus uniquement du champ sanitaire. Les interactions avec les forces de sécurité, l’accompagnement des personnes en situation de crise et la santé psychique des personnels eux-mêmes en font désormais un sujet directement lié aux politiques de sécurité intérieure.
C’est autour de cette problématique que le Centre de recherche de la Gendarmerie nationale (CRGN) a réuni plusieurs spécialistes, le 28 septembre à l’École militaire à Paris.
La synthèse de ces travaux a été rendue publique le 2 octobre.
L’objectif affiché de l’atelier était notamment de mieux comprendre un phénomène devenu transversal dans les politiques publiques, de lutter contre la stigmatisation des troubles psychiques et de développer la prévention ainsi que l’accès aux ressources permettant d’accompagner les personnes concernées.
« Comprendre, aider, se rétablir »
Autour de la table figuraient notamment la professeure Emmanuelle Corruble, cheffe du service hospitalo-universitaire de psychiatrie de Bicêtre, Claire Compagnon, membre du collège de la Haute Autorité de santé, Emmanuelle Rémond, présidente de l’Unafam, et Muriel Vidalenc, présidente de Premiers secours en santé mentale France.
Les échanges ont notamment porté sur la nécessité de développer une approche plus inclusive de la santé mentale et de ne pas réduire les personnes à leur pathologie.
La prévention et la capacité à identifier suffisamment tôt les situations de fragilité figurent également parmi les enjeux évoqués.
Patrick Pozo, président de l’association GRIM et ancien commissaire des armées, a notamment abordé la surexposition des métiers de la sécurité et du soin aux risques liés à la santé mentale et l’importance de passer d’une logique exclusivement centrée sur la gestion du risque à une démarche davantage fondée sur la prévention.
Les gendarmes directement concernés
La réflexion concerne également la santé des personnels de la sécurité intérieure.
Lors de l’atelier, la députée Isabelle Santiago a notamment évoqué l’exposition particulière des agents participant aux missions de sécurité intérieure, parmi lesquels les gendarmes, ainsi que la nécessité de mieux former les différents acteurs intervenant dans ce domaine.
Le CRGN avait déjà consacré une note spécifique au sujet, intitulée « Santé mentale : un défi français, un enjeu de sécurité intérieure ». Le document établit un lien direct entre les difficultés rencontrées par le secteur psychiatrique, les situations auxquelles sont confrontées les forces de sécurité et la nécessité d’adapter les réponses publiques.
En s’emparant du sujet, le Centre de recherche de la Gendarmerie nationale inscrit donc la santé mentale dans une réflexion beaucoup plus large : celle de la prévention, de l’intervention des forces de sécurité face aux personnes en souffrance et de la protection psychologique de ceux qui sont quotidiennement confrontés aux situations les plus difficiles.
Jean-Christophe Vaillant
