C’est empreint d’un profond respect et d’une grande humilité, que je m’adresse à vous en qualité de président de l’union départementale des personnels et retraités de la Gendarmerie du Gers, dont Léonce était un fidèle adhérent après en avoir été le trésorier pendant de nombreuses années. Il était également adhérent des Médaillés militaires.
Je salue les présidents des associations d’anciens combattants, des ordres nationaux, ses camarades d’arme, les portes drapeaux, gardiens de la mémoire et messagers de notre histoire, ainsi que la gendarmerie d’Auch.
Vous témoignez ainsi combien compte et guide l’héritage que chacun reçoit de ses aînés. La vie militaire et gendarmique de notre camarade Léonce Bastide, rythmée par des affectations notamment en Afrique du Nord et des moments fondateurs jusqu’à sa retraite, méritent assurément beaucoup de bienveillance de notre part.
En évoquant la vie de Léonce avec son fils Jean-Paul, j’ai ressenti beaucoup de compassion et de fierté envers ce père, militaire et gendarme dans l’âme, rigoureux, dévoué, donnant de sa personne sans compter.
Né le 06 juillet 1935 à Loubaut (09), Léonce, à l’issue des sélections au centre d’auch en 1955, effectue son service militaire au 1er régiment des zouaves, ancien régiment de tirailleurs marocains, essentiellement au Maroc, Casablanca et Agadir de 1956 à 1958. Nommé à la dignité de 1ére classe, il quitte l’armée le 08 mars 1958 et travaille comme maçon. Le 27 mai 1960, il s’engage dans la Gendarmerie et effectue durant 6 mois sa formation au centre d’instruction du fort de Charenton à Maisons Alfort (94). Nommé gendarme il est affecté à la 1ére puis 8éme légion de Gendarmerie mobile et rejoint l’Algérie de 1960 à 1962 pour ce qui à l’époque était du maintien de l’ordre. De 1963 à 1971, de retour en métropole, affecté en Rhône-Alpes, Chambéry et Rochemaure, il accomplit les missions de protection et de surveillance confiées à la Gendarmerie mobile comportant un nouveau séjour en Algérie. Le 1er mars 1971, il est muté à la brigade de Gendarmerie départementale d’Auch, puis début 1976 à la section commandement du groupement du Gers où il terminera sa carrière pour prendre sa retraite le 07 juillet 1990 avec l’échelon exceptionnel de gendarme.
Pendant les 32 années de service dans les armées dont 30 en Gendarmerie, il sera décoré de la croix du combattant, de la double commémorative AFN et Maroc et de la médaille de la défense nationale échelon or et obtiendra le titre de reconnaissance de la Nation.
Le 09 avril 1983, lui est attribuée la Médaille militaire, décoration prestigieuse dépourvue de grade, brevet de noblesse des soldats, suprême récompense valorisant ses états de service.
Aujourd’hui, ton épouse Margarita, ta famille, amis et camarades sont orphelins du personnage que tu étais. Il y a quelque chose de plus fort que la mort disait Jean d’Ormesson, c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants.
La Gendarmerie a occupé une grande partie de ta vie. L’uniforme que je porte pour te rendre hommage était le tien, symbole de discipline, d’engagement et de patriotisme qui raconte l’histoire d’une nation, une épopée de courage et de sacrifice. Les couleurs, les insignes, chaque détail porte en lui les traces d’un passé glorieux et d’une tradition militaire inébranlable.
Léonce, notre camarade, tu es parti rejoindre celles et ceux de tes proches qui t’ont précédé dans l’au-delà.
Repose en paix, auprès de Sainte Geneviève, notre patronne, d’où tu nous regarderas avec affection.
Michel Higoa
