Gendarmes décasqués et refusant d’intervenir ou fraternisant avec les éleveurs en colère, grenades lancées par hélicoptères : ce sont quelques une des “fake news » abondamment relayées et commentées sur les réseaux sociaux depuis le début de la crise agricole liée à la dermatose nodulaire.
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Point d’orgue de ces fausses informations, un post publié le jeudi 11 décembre sur le réseau X (ex Twitter) agrémenté d’une vidéo affirmant que des grenades avaient été jetées depuis un hélicoptère de la Gendarmerie! Hélas, cette affirmation diffusée en particulier par un homme politique connu a été abondamment reprise. Des élus de niveau national l’ont reprise sans la vérifier. Plusieurs services de “fact Checking” de médias, dont l’AFP et Libération ont clairement démontré qu’il s’agissait d’un “Fake ».. Cela n’a pas empêché l’inénarrable animateur Jean-Marc Morandini de Cnews de l’affirmer sans vérifier, et même d’insister devant le scepticisme d’un syndicaliste de la Police nationale. “Si, si, ils ont balancé du lacrymo depuis un hélicoptère, je n’avais jamais vu ça”.
Gendinfo, dénonce également ces assertions dans un article consacrée à cette opération de maintien de l’ordre conduite le 11 décembre aux Bordes-sur-Arize dans l’Ariège et gérée avec un “grand professionnalisme », citant le ministre de l’Intérieur.
Un effet d’optique
La Gendarmerie, expliquant que la vidéo en question comporte un effet d’optique, affirme que cette information est fausse, précisant que les tirs réalisés par les gendarmes ont été effectués depuis le sol et ont suivi une trajectoire en cloche, conformément à la doctrine du maintien de l’ordre.
L’hélicoptère, précise GendInfo, “a fourni un appui opérationnel au commandement (renseignement, observation des mouvements des manifestants) et a permis de protéger les protagonistes par l’éclairage des lieux.”
Ils gazent depuis l’hélicoptère !!!
— Florian Philippot (@f_philippot) December 11, 2025
Folie absolue du régime qui est en roue libre pour massacrer la paysannerie française ! pic.twitter.com/WtPbV3niUh
Autre fausse information démentie par le ministre de l’Intérieur à Dijon, Laurent Nuñez, la fraternisation de sept gendarmes mobiles avec des manifestants. Plusieurs sites complotistes et, toujours le même homme politique, ont abondamment commenté des images très sombres sur lesquelles on verrait des gendarmes mobiles enlever leur casque est déposer leur bouclier au sol. Là encore, c’est faux. “On a regardé les vidéos qui ont nourri ce qui s’avère être un fake (…) C’est complètement faux” a affirmé le ministre de l’Intérieur. “ Les gendarmes, comme les policiers, sont de grands professionnels et quand ils ont une mission, ils l’accomplissent” a souligné Laurent Nuñez.
Dans le contexte actuel beaucoup de #FakeNews circulent sur l’action de la #gendarmerie.
— Gendarmerie nationale (@Gendarmerie) December 15, 2025
Pour lutter contre la désinformation, mésinformation, mal information :
➡️ Vérifiez l’information
➡️ Croisez les sources
➡️ Méfiez-vous des contenus sensationnels pic.twitter.com/pgfZ7v1iwR
Le premier ministre “débunke” le lancement de grenades depuis un hélicoptère
Le premier ministre, Sébastien Lecornu, interrogé à l’assemblée sur la crise agricole a “débunké” ces “Infox” et dit sa fierté d’avoir servi comme réserviste opérationnel sous l’uniforme de la Gendarmerie.
Les images de l’intervention des forces de l’ordre à Bordes-sur-Arize ont choqué, je le comprends.
— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) December 16, 2025
Des contre-vérités ont circulé, notamment sur des tirs de grenades lacrymogènes depuis un hélicoptère de gendarmerie : c’est faux. Les forces de l’ordre ont par ailleurs dû faire… pic.twitter.com/4uTRoProx9
Même le vénérable “Journal du Dimanche”, le JDD, a relayé cette information non vérifiée dans un article intitulé “On est dégoûté !” Face aux éleveurs, le malaise des gendarmes. “Selon nos informations, sept gendarmes mobiles ont quant eux refusé d’intervenir, vendredi (…) . Ils risquent de lourdes sanctions” avance un rédacteur. Hier, l’hebdomadaire, reconnaissant implicitement son emballement, a modifié ce passage dans sa version internet en écrivant que “des informations selon lesquelles plusieurs gendarmes mobiles auraient refusé d’intervenir, relayées par le JDD, ont également parcouru la toile”. Le journal a donné la version de la Gendarmerie qui a exercé son droit de rectification.
Des militants de la mouvance d’ultra gauche infiltrés
Selon nos informations, les militaires en question ont mis à profit un moment de désescalade, comme cela arrive souvent lors d’opérations de maintien de l’ordre pour se désaltérer et faire une pause dans une opération éprouvante. D’autant que plusieurs dizaines de militants de la mouvance d’ultra-gauche, sans lien avec le monde agricole, étaient présents sur les lieux avec une volonté claire de confrontation avec les forces de l’ordre.
La Gendarmerie détaille le nombre de gendarmes engagés qui étaient 300 : quatre escadrons de gendarmerie mobile et 90 militaires du Groupement de gendarmerie départementale de l’Ariège. Deux Véhicules d’intervention polyvalents de gendarmerie (VIPG) Centaure ont été employés pour dégager les axes et protéger les gendarmes visés par des tirs de projectiles et de cocktails molotov.
Le général Cavallier dénonce une “vaste campagne de dénigrement”
Le général de division (2S) de Gendarmerie Bertrand Cavallier, expert du maintien de l’ordre est lui aussi revenu sur Linkedin sur cette opération. Il est d’ailleurs intervenu sur Cnews à ce sujet.
“Dans un contexte complexe marqué par la détresse profonde du monde agricole, et en particulier des éleveurs bovins, les gendarmes ont exécuté leur mission avec beaucoup de mesure, pour permettre, dans le cadre d’un arrêté préfectoral, l’intervention des vétérinaires pour l’application d’un protocole sanitaire” écrit l’ancien chef du CNEFG de Saint-Astier. “Alors que les gendarmes avaient réussi à maintenir à distance les manifestants et permis le retour au calme et la reprise du dialogue, ils ont été confrontés à des élément violents de l’ultra-gauche usant de bombes agricoles et de cocktails molotov” précise le spécialiste du maintien de l’ordre qui regrette “une vaste campagne de dénigrement consternante, marquée par un flot de fake news et les propos péremptoires de certains journalistes, qui s’est déchaînée contre l’action des gendarmes.”


Quelles que soient les erreurs d’interprétations d’images ponctuelles possibles et soulignées ici comme telles, l’opération de plusieurs centaines de gendarmes contre une propriété privée et pour une opération insensée, illégitime et illégale est bien confirmée ! En conséquence, le Gvt est coupable et ceux quii lui ont obéi aussi et gravement !
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