Décidément, le temps passe, les événements se succèdent et la réalité du terrain peine parfois à trouver sa place dans le récit médiatique. Le 17 octobre 2026 n’échappe pas à ce constat. Les chaînes d’information en continu ont largement évoqué les violences subies par les forces de l’ordre. Pourtant, dans de nombreux commentaires, l’attention s’est principalement portée sur la Police nationale, laissant dans l’ombre une autre composante essentielle du dispositif : la Gendarmerie nationale, qu’elle soit mobile ou départementale.
Toulouse : un engagement remarquable
Une situation a particulièrement retenu mon attention : celle de Toulouse, autour du Capitole.
Un escadron de gendarmerie mobile était engagé aux côtés de plusieurs compagnies de CRS. Arrivés en fin de matinée, les militaires de cette unité ont reçu pour mission d’assurer la protection du centre-ville, notamment des abords du Capitole et de l’hôtel de ville.
Rapidement confrontés à des groupes de manifestants particulièrement violents, ils ont dû faire face à des assauts répétés. La situation s’est dégradée lorsque des individus ont convergé vers les bâtiments publics, avec la volonté apparente de s’en prendre à la mairie. Sous les jets de projectiles de toutes sortes, les gendarmes ont tenu leurs positions. Le bilan humain aurait pu être bien plus lourd. Deux militaires auraient été blessés.
Tenir dans la durée
Pendant plusieurs heures, les gendarmes ont fait face à des vagues successives de violences en tenant leur position pour continuer à protéger cette place emblématique de la Ville rose.
Le commissaire présent sur place aurait salué leur efficacité et leur capacité à maintenir le dispositif dans des conditions particulièrement difficiles. Les tentatives de contournement par les rues adjacentes n’ont pas permis de faire céder le dispositif de protection.
À effectif limité, ces militaires ont ainsi contribué de manière déterminante à la sécurisation du secteur. Ils peuvent être fiers du travail accompli.
Les groupes les plus violents ont finalement quitté les lieux. Ce n’est qu’après le retour au calme et sur ordre de quitter le secteur que l’escadron a regagné son cantonnement, après une journée de service particulièrement éprouvante, qui aurait duré près de quinze heures.
Cet engagement mérite d’être connu. Non pour établir une comparaison entre unités ou institutions, mais pour rappeler ce que représente concrètement la mission de maintien de l’ordre lorsque les circonstances deviennent particulièrement difficiles.
Une reconnaissance qui doit dépasser le cercle des initiés
Selon les informations dont je dispose, le commissaire présent sur place et le préfet ont exprimé leur reconnaissance aux forces de l’ordre engagées. Ces témoignages sont importants. Ils soulignent la qualité de la coopération entre les forces de sécurité et la complémentarité de leurs missions.
Mais une question demeure : comment mieux faire connaître ces engagements au grand public ?
À Toulouse comme ailleurs, les militaires de la Gendarmerie nationale ont participé à la protection des personnes, des bâtiments publics et de l’ordre républicain. Pourtant, leur action reste souvent peu visible dans la couverture médiatique des événements.
D’autres escadrons, notamment à Nantes et à Rennes, ont également été confrontés à des violences importantes. Les dégâts matériels et les blessés témoignent de la difficulté de cette journée.
Derrière les images diffusées en boucle, il y a des femmes et des hommes qui exécutent leur mission, souvent dans des conditions exigeantes, avec professionnalisme et sang-froid. Il y a aussi leurs familles, qui attendent des nouvelles et s’inquiètent lorsque les événements se prolongent.
La reconnaissance de cet engagement n’est pas une question de prestige individuel. Elle participe à la considération due à celles et ceux qui servent. Elle contribue également à faire comprendre aux citoyens ce que recouvrent, sur le terrain, les missions de la Gendarmerie nationale.
Alors, je le dis simplement : merci.
Merci aux gendarmes engagés autour du Capitole. Merci à ceux de Nantes, de Rennes et de toutes les unités mobilisées le 17 octobre.
Merci à ceux qui ont tenu leurs positions, à ceux qui ont été blessés, à ceux qui ont protégé des lieux, des personnes et des institutions.
Merci à ceux dont le travail n’a pas nécessairement bénéficié de la même exposition médiatique, mais dont l’engagement a contribué à préserver l’ordre public.
Ce jour-là, ils ont servi la République avec courage, professionnalisme et détermination. Ils l’ont fait dans le respect de leur mission, aux côtés des autres forces engagées, chacun à sa place et avec ses responsabilités.
Il est juste que cet engagement soit reconnu et porté à la connaissance de nos concitoyens.
Alors oui, je les remercie. Et je les félicite.
Très confraternellement,
Capitaine (H) Jean-François Charrat
