Ses frères d’armes du GIGN racontent “leur” Jérôme

1
le capitaine Jérôme Favier en intervention (Photo DR)

Le capitaine Jérôme Favier, décédé dans un accident de paramoteur vendredi 1er juillet, s’était fait un prénom au GIGN, mais aussi des amis, “pour la vie”. Ses “frères d’armes” racontent « leur » Jérôme dans un témoignage sobre, poignant et authentique. La Voix du Gendarme publie ce portrait qui reflète toute l’estime, l’admiration pour ce jeune chef opérationnel qui suscitait l’adhésion. Mais aussi l’amitié et l’affection pour l’homme qu’il était. Les honneurs militaires et un hommage officiel lui seront rendus jeudi matin au GIGN à Versailles-Satory, en présence des autorités.

Sur le même sujet : Une cagnotte de la Fondation Maison de la Gendarmerie pour la famille de Jérôme Favier

Jérôme était un homme passionné, déterminé, humble, discret, un personnage entier, soucieux de ses hommes. Il n’hésitait pas à les mettre en avant.

Jovial, Jérôme était très accessible, plein d’entrain et toujours motivé pour aller de l’avant.

Travailleur, il s’est toujours investi pleinement dans les dossiers qui lui étaient confiés. Il appréciait les responsabilités.

Jérôme était un grand professionnel, tourné vers la mission et sa réussite, sûr de ce qu’il voulait faire, soucieux d’avoir l’adhésion de ses pairs. 

Epicurien, il aimait le bon vin. Pour l’anecdote, il possédait des pieds de vigne dans un domaine viticole bourguignon, dont il passait son temps à vanter les mérites. Il aimait partager de bons moments entre amis. Il organisait régulièrement des sorties sur Paris. Il appréciait tout particulièrement ces moments de cohésion. Leader, il a tout de suite suscité l’adhésion à la Force intervention et plus particulièrement dans sa section. Il avait une expression : “vous me faites plaisir les gars ».

À la recherche du bien vivre ensemble, il avait dix idées à la minute et était force de propositions pour faire évoluer les concepts techniques et tactiques.

Sur le même sujet : Jérôme Favier s’était fait un prénom au GIGN

Il était un officier qui avait un nom prestigieux. Il s’est fait un prénom, et a tout de suite été reconnu pour lui même et pour ses qualités de meneur d’hommes.

Breveté en décembre 2019 avec le brevet 1311, Jérôme à réalisé 47 missions sur ses deux ans et demi d’opérationnel, dont 19 comme chef de mission. Il a été nommé chef de la section 3 de la force d’intervention (FI) le 1er août 2021.

Il a su, à chaque reprise, mettre en place un dispositif tactique cohérent et efficace. Il savait être innovant pour s’adapter aux situations.

Missions particulières : 

Il a été engagé sur la traque d’un homme auteur présumé d’un homicide, à Gréolières dans les Alpes-maritimes en juillet 2021. Au cours de cette opération, il a commandé ses hommes sur le terrain durant 36 heures, et a su être force de propositions pour les autorités et mettre en œuvre un dispositif tactique adapté aux contraintes géographiques et au profil très dangereux de l’adversaire.

Lire aussi : Retour sur la traque sans relâche du tueur de Doriane (diaporama) :

En juin 2022 il a été engagé à Saint-Valérien (89) : un homme abat dans la rue son voisin, puis tente d’abattre sa femme qui se réfugie chez un voisin. L’homme se retranche seul chez lui. Après une phase de négociation, l’homme retourne l’arme contre lui. Très rapidement Jérôme décide de pénétrer dans le domicile et permet une prise en compte rapide du mis en cause. Il sera sauvé grâce à cette réaction rapide et les premiers secours prodigués.

En mai 2022, il a été engagé à Saint-Aulaye-Puymangou (24) : sur fond d’alcool et de violences intra-familiales, un homme, ancien militaire, séquestre sa compagne dans leur logement. Après un temps de négociation, Jérôme prend la décision de lancer un assaut. Le mis en cause est interpellé. Ses capacités d’analyse et de commandement ont joué un rôle déterminant.

1 COMMENTAIRE

Les commentaires sont fermés.