Le GIGN 3.0 présente ses capacités opérationnelles à Eurosatory (Vidéo et paroles d’ops)

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Neutralisation de terroristes, libération d’otages et sécurisation de site… Le GIGN, groupe d’élite de la Gendarmerie a présenté une panoplie de ses compétences opérationnelles lors du salon Eurosatory qui s’est tenu du 13 au 17 juin. (*) Cette démonstration dynamique a permis de mettre en lumière les différentes spécialités composant le groupe qui continue à évoluer et s’adapter aux nouvelles menaces.

Une détonation retentit. La déflagration transperce une cible en carton. Le bruit sourd de la balle surprend la foule. Dans les travées des gradins, les spectateurs sont abasourdis. “D’où est parti le coup ? ”, s’étonnent certains. Une masse bariolée de camouflage apparaît devant eux. Il fait léger un signe de la main. Dans les hauts-parleurs, des échanges radios annoncent la mission à venir. Le groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) monte à l’assaut. 

Le scénario est rodé. La menace est identifiée. Un groupe d’extrémistes a pris en otage des hauts-fonctionnaires. Regroupés dans une maison isolée, ils imposent à la France la démission de son chef de l’État. Leur ultimatum : la France a moins de 48 heures pour accepter leurs revendications sinon, ils exécuteront un otage toutes les quinze minutes en plus de déclencher une série d’attentats à la bombe dans les grandes métropoles. “ La configuration d’aujourd’hui est une situation de prise d’otages pour pouvoir faire basculer l’État . Nous faisons face à un groupe de combattants formés à l’étranger. Par rapport à cette menace, nous avons toutes les capacités au sein du GIGN pour pouvoir intervenir sur la mission. Mon rôle est de driver l’équipe de la colonne d’assaut pour accomplir les objectifs mission, précise Dan, adjoint au chef d’une des 4 sections de la force d’intervention du GIGN.

Un nuage de poussière s’élève. Six véhicules lourds dont un blindé Sherpa se mettent en face à la bâtisse. Le GIGN vient de déployer sa force d’intervention. Tous de kaki vêtu, avec casques lourds, gilets de protection et boucliers blindés, les militaires du groupe d’intervention se positionnent devant le repère des suspects. La colonne se scinde en deux. Un binôme se met en position de tir devant les fenêtres pour s’assurer de la visibilité des pièces. Protégés derrière un bouclier, cinq militaires sont sur le qui-vive. L’un des Gendarmes brandit une perche équipée d’un explosif. Derrière lui, un de ses collègues le protège l’arme sur l’épaule. Le spécialiste effraction chaude active le détonateur. La serrure de la porte rompt sous le poids de la charge. L’assaut est donné. Ils s’infiltrent dans les pièces. Un drone survole le campement adverse. Il retransmet en direct les données au chef de colonne. “ La force d’intervention va réaliser tout ce qui est intervention et interpellation dans le cadre des prises d’otages”, précise le chef d’escadron Cédric, le chef de la force d’intervention du GIGN. “On a toujours une phase de renseignement et d’observation (prise en compte par la Force Observation Recherche du GIGN NDLR). On va établir des modes d’actions chirurgicaux pour mettre en oeuvre un process fulgurant de neutralisation de l’adversaire.”  

Le groupe se scinde à nouveau et ratisse les pièces. Trois détonations retentissent. L’ennemi est visiblement dépassé par la situation. Le GIGN sécurise les otages. Mais, tapi dans un pan de mur, l’un des assaillants tente de prendre la fuite. Il a sur lui des explosifs, mais repéré par le drone, il est aussitôt poursuivi par le maître de chien Tom et le dépiégeur d’assaut Clem. Le berger belge malinois Nitrate fond sur le fuyard et l’attrapant par la jambe, le contraint à se rendre. “Depuis le début du GIGN, les chiens sont inclus dans les équipes. Leur présence permet de mener des actions olfactives. L’animal va repérer des individus retranchés et identifier des matières dissimulées. Enfin, il va pouvoir procéder à la neutralisation d’individus sans que nous recourions à l’usage des armes. Ces qualités sont importantes pour les unités spéciales”, développe Tom.   

L’assaut (Photo MC/LVDG)

Le reste de l’unité exfiltre les otages. La colonne les sécurise derrière le blindé. Au même moment, l’un des suspects tente de fuir à bord d’un véhicule. Il se sert de l’un des otages comme bouclier humain. Les opérateurs du GIGN positionnés à l’arrière du bâtiment stoppent le véhicule à l’aide d’une charge explosive. Ils extraient la victime et sans employer leurs armes parviennent à capturer le forcené. “ Nous avons réadapté nos dispositifs d’intervention, pour répondre à des crises multipoints. Cette réflexion a commencé avec les attentats de 2015. On peut déployer des équipes de cinq opérateurs avec leurs équipements, pour répondre à des points de crises multiples et fractionnées. Cette capacité fait de nous  entre guillemets une composante de forces spéciales du ministère de l’Intérieur”, souffle le commandant Cédric. Fidèles à leur devise, les hommes du GIGN viennent de sauver des vies au mépris des leurs, le tout en 4 minutes et 35 secondes.  

Paroles d’ops  

Chef d’escadron Cédric – commandant la force d’intervention au GIGN depuis 2011

Le chef d’escadron Cédric, commandant la force d’intervention (Photo MC/LVDG)

“ J’ai été marqué par les épisode des attentats de 2015. J’ai été déployé sur l’opération à Dammartin-en-Goëlle. Sur le terrain, j’ai commandé le dispositif qui a récupéré l’otage dans l’imprimerie. Mais, sur les opérations que nous menons, il y a les prises d’otages familiales et c’est assez marquant dès lors que l’otage peut être un enfant. Plus récemment, lors des traques de l’année dernière, nous étions sur des missions longues avec l’engagement de beaucoup de moyens et de personnels.” 

Dan – Adjoint au chef de la section 4 de la force d’intervention. Au GIGN depuis 2007

Dan, adjoint au chef de la section 4 de la force d’intervention (Photo MC/LVDG)

“Le GIGN c’est bientôt cinquante ans d’histoire. Cette histoire perdure grâce à nos grands anciens et à leurs grandes missions. Nous essayons de faire perpétuer cette continuité. À notre manière, nous tentons de mettre notre petite pierre à l’édifice, pour permettre à notre unité de perdurer dans l’avenir (…) Au printemps dernier, nous avons eu trois traques avec des personnes s’inscrivant dans  une nouvelle mouvance de type survivaliste. Cette menace arrive dans notre spectre d’intervention. Ces groupes autonomes obtiennent par différents biais de l’armement.

Tom – maître de chien au groupe d’appui cynophile au GIGN depuis 2010

Tom, maître de chien au groupe d’appui cynophjile du GIGN (Photo MC/LVDG)

“ La base de l’interception c’est le jeu. On va procéder par des phases de transitions, en lui apprenant à mordre des costumes de plus en plus fins, avec des habits par-dessus. Puis, en lui faisant mordre des faux bras et des faux membres. On va le faire travailler avec une muselière ce qui va l’empêcher de mordre. C’est tout un travail de déconditionnement pour neutraliser un individu.

Clem – dépiégeur d’assaut au GIGN depuis 2016

Clem dépiégeur d’assaut (Photo MC/LVDG)

“Le dépiégeur d’assaut travaille avec la force d’intervention, la force de sécurité protection et la force observation recherches. Nous avons 44 semaines de formation supplémentaire avec un entraînement interarmées, pour tout ce qui est déminage et EOD (Explosive Ordnance Disposal : neutralisation des explosifs et munitions) . En interne, nous suivons une préparation de dix semaines pour transposer toute la partie traditionnelle du déminage à nos phases d’assaut (…) . 

Textes et photos : Maxime Coupeau

Eurosatory : le salon incontournable de la défense et de la sécurité

Eurosatory, salon international de Défense et de Sécurité terrestres et aéroterrestres ouvre ses portes tous les deux ans.
Créé dans sa forme originale en 1967, Eurosatory n’a depuis cessé d’évoluer et a vu son nombre de participants considérablement augmenter, aussi bien du côté des visiteurs que de celui des exposants. Ce salon incontournable réunit des exposants, des visiteurs et des journalistes du monde entier et est une véritable vitrine technologique.