Légitime défense ou meurtre ? un capitaine de Gendarmerie devant les assises de Guadeloupe

Palais de justice de Basse-Terre Photo DC LVDG

Un capitaine de Gendarmerie, comparaît depuis ce lundi devant la cour d’assises de la Guadeloupe à Basse-Terre pour répondre de la mort à Baie-Mahault en 2018 d’un automobiliste, un homme recherché pour des cambriolages et ayant une arme à portée de main. L’officier, muté depuis à la Direction générale et qui comparait libre, a ouvert le feu à sept reprises. Il plaide la légitime défense pour lui et pour autrui.

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S’appuyant notamment sur des vidéos retrouvées par la Section de recherches qui contredisent ses premières déclarations, le juge d’instruction l’a renvoyé pour “meurtre” devant la juridiction criminelle. Ce jeune père de famille, Saint-Cyrien, risque très gros. Le verdict est prévu pour être rendu mercredi soir. Les proches de la victime, dont son ex-compagne, mère de ses deux fillettes, réclament justice et se sont constitués partie civile. Yannick Locatelli, se sachant recherché en métropole par le parquet de Grasse (06) pour un trafic de stupéfiants, vivait en Guadeloupe sous une fausse identité à Sainte-Rose.

Des vidéos déterminantes pour l’enquête

Les faits remontent au 11 mars 2018. Romain, âgé de 27 ans à l’époque des faits, commande depuis quelques mois la brigade de Baie-Mahault, une grosse unité du centre de la Guadeloupe.

Depuis plusieurs semaines, la brigade fait face à une série de cambriolages commis à visage découvert et une Peugeot 2008 de couleur gris foncé et munie de fausses plaques a été repérée sur les images de vidéo surveillance.

Alerté personnellement par la propriétaire d’un véhicule volé, qui vient de repérer sa plaque d’immatriculation sur la Peugeot 2008, l’officier décide de se rendre sur place à bord d’une voiture banalisée avec un Gendarme. Sur place, leur véhicule est positionné juste devant celle du suspect afin de l’empêcher de s’échapper.

Que se passe t-il? L’officier ouvre le feu à sept reprises, atteignant de deux projectiles le conducteur, Yannick Locatelli qui est en arrêt cardio-respiratoire au pied du véhicule à l’arrivée des secours qui ne parviennent pas à le réanimer.

Verdict de la cour d’assises de Guadeloupe mercredi

Immédiatement après les faits, le commandant de brigade est placé en garde à vue comme le prévoit la procédure.
Il explique que le conducteur a avancé dans sa direction et foncé sur lui, et qu’il a tiré en légitime défense en s’estimant menacé, lui et l’autre Gendarme. Ce dernier confirme sa version. Mais un enregistrement vidéo, exploité par la Section de recherche contredit les dires de l’officier car les images montrent la voiture en train de reculer et non d’avancer.

Son subordonné, revient sur son témoignage au cours de sa garde à vue, tandis que l’officier, confronté aux bandes vidéo concède avoir « pris une mauvaise décision” mais assure avoir visé le véhicule, mais pas le malfaiteur dont l’arme était dans le vide poche situé entre les deux sièges.

La cour d’assises de Guadeloupe qui va entendre un expert en intervention professionnelle devra déterminer si l’officier a tué volontairement Yannick Locatelli. L’enjeu est énorme pour ce jeune militaire très bien noté et qui avait déjà été à la tête d’une première brigade dans le Morbihan. Il a été placé en détention provisoire cinq jours après sa mise en examen.

Il est défendu, précise Nice Matin, par Me Florian Lastelle, du barreau de Nice tandis que Me Bernard Sivan, avocat du barreau de Grasse, représente la famille de la victime.

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