Le major Rusig (Photo APNM Gendarmes & Citoyens)

Au terme d’un très long délibéré, de plus de cinq heures, la cour d’assises d’appel de Haute-Garonne à Toulouse a reconnu coupable Loïc Gekière d’homicide volontaire sur la personne du major Christian Rusig et l’a condamné à la peine de 30 ans de réclusion criminelle avec une peine de sûreté de 18 ans. L’accusé écope donc d’une peine un peu inférieure qu’en première instance et gagne deux ans au niveau de la peine de sûreté. Le général Jacques Plays, commandant la région Occitanie était dans la salle aux côtés des Gendarmes de la brigade de Tarascon-sur-Ariège avec le commandant de groupement de l’Ariège, le colonel Christophe Heurtebise et le commandant de compagnie de Foix.

“Il était important que le caractère volontaire de l’acte soit retenu”, a déclaré à la presse le général Jacques Plays.

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L’avocat général, Laurent Dumaine, procureur de la République de Foix qui avait déjà soutenu l’accusation en première instance devant la cour d’assises de l’Ariège avait requis la confirmation de la peine prononcée devant les assises de l’Ariège, soit la perpétuité avec une peine de sûreté de 20 ans.

Mercredi, l’avocat de la partie civile, Me Laurent de Caunes, a asséné que Gekière « avait donné rendez-vous aux Gendarmes en confiant à l’un d’eux, «  je vous avais prévenu, ce soir, c’était lui ou moi ”, une phrase niée par l’accusé mais confirmée par son ex-compagne.

Il a rappelé les propos du commandant de la brigade d’Ax-les-Thermes : “ Pour Loïc Gékière, nous n’étions plus les intermédiaires entre lui et la justice. Nous étions devenus une cible.

Appelée à la barre pour témoigner, la fille du major Rusig avait évoqué “ l’annonce de sa mort qui lui arraché le coeur et a décrit un papa en or “.

Interrogée à l’issue de l’audience par La Dépêche du Midi, Aurélie Rusig s’est dite  “épuisée, mais soulagée qu’il ne sorte pas”“On a eu ce qu’on voulait. La justice a fait ce qu’il fallait, assure-t-elle. Nous allons enfin pouvoir passer à autre chose.

Gekiere qui n’a cessé de dire pendant le procès qu’il n’avait pas vu le Gendarme et qu’il s’agissait d’un accident avait été condamné en 2019 à la réclusion criminelle à perpétuité avec une peine de 20 ans de sûreté.

Loïc Gekière, 24 condamnations à son casier, avait voulu échapper à un contrôle routier

Le jour du drame, Loïc Gekiere avait tenté d’échapper à un contrôle routier car il roulait sans permis de conduire, mais surtout parce qu’il encourait la prison pour récidive de violation d’une interdiction de séjour en Ariège. 

Le 26 novembre 2016, sur un chemin entre Tarascon-sur-Ariège et Ussat-les-Bains (Ariège), Loïc Gékière a volontairement percuté le major Christian Rusig, 55 ans, afin d’échapper à un contrôle routier. Il roulait sans permis de conduire, et risquait la prison pour récidive de violation d’une interdiction de séjour en Ariège..

Le militaire, proche de la retraite, avait été traîné sur plusieurs mètres par le véhicule du chauffard et était décédé à l’hôpital quelques heures plus tard. Lors de son arrestation, Gekière avait lancé aux Gendarmes auxquels il avait eu affaire quelques mois plus tôt.

La mort du major Rusig avait entraîné une énorme émotion dans la Gendarmerie et une réaction courroucée de l’APNM Gendarmes & Citoyens dans deux tribunes intitulées “ La justice Française a-t-elle tué le Major RUSIG ? ” et “ un jour je me ferai un bleu ”.

Gékière, condamné à 24 reprises sur les 15 dernières années avait été laissé en liberté l’été précédent les faits lors d’une énième interpellation alors qu’il était sorti de prison peut de temps avant.

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