Décès du colonel (ER) Fontaine, une figure de l’Arme, ancien commandant de Saint-Astier

Nous avons appris le décès du colonel Jean-Marie Fontaine le 27 mars à Pierre-Bénite dans la Rhône à l’âge de 75 ans. Figure de l’Arme, titulaire de la médaille de la Gendarmerie et inscrit au livre d’or, il a notamment commandé le centre de perfectionnement de la Gendarmerie mobile de Saint-Astier (CPGM). Il a été aussi le formateur de très nombreux officiers de Gendarmerie en Afrique et la Gendarmerie de Côte d’Ivoire lui doit beaucoup.

Originaire de Sedan, Jean-Marie Fontaine est entré dans la Gendarmerie en 1968 après son service national au 401ème R.A.A (Régiment d’artillerie anti-aérienne) à Nîmes.

5ème de sa promotion à l’EOGN

Sorti de l’EPG de Chaumont en novembre 1968, il débute son parcours à la brigade territoriale de Montville (76). Classé 32ème sur 1485 au concours d’officier de police judiciaire en 1972, il intègre en 1973 l’école préparatoire à l’école des officiers à Saint-Maixent l’école (79) puis en 1975 l’EOGN à Melun. Il en sort en 1977 5ème de sa promotion, gradué en sciences de criminologie et avec un diplôme d’entraîneur de course d’orientation.

Seul volontaire pour la Foa en Nouvelle-Calédonie

Son premier commandement d’officier est chef de peloton à l’EGM 5/15 de Chambéry de 1977 à 1980. Il commande ensuite de 1980 à 1981 la compagnie d’Embrun (05) où il obtient son brevet de skieur militaire (BSM). Promu capitaine, il revient en mobile pour commander de 1981 à 1985 l’EGM 8/15 de Bourgoin-Jallieu (38). En 1985, il est seul volontaire pour prendre la tête de la compagnie de la Foa en Nouvelle-Calédonie. Il est d’ailleurs prolongé d’une année au moment des évènements de 1988 pendant lesquels il est félicité à trois reprises et cité à l’ordre de la Gendarmerie en 1989 pour les incidents survenus à Canala en avril 1988 pendant lesquels des Gendarmes ont été blessés.

Formateur en maintien de l’ordre à Saint-Astier

A son retour en métropole, le chef d’escadron Fontaine, rompu au maintien et au rétablissement de l’ordre est affecté à Saint-Astier. D’abord comme adjoint puis comme commandant du CPGM (centre de perfectionnement de la Gendarmerie Mobile) où il est promu lieutenant-colonel. Il y restera 3 ans pendant lesquelles il a participé directement à la formation de tous les escadrons de France et des stagiaires européens et africains. Il a incontestablement grandement contribué au rayonnement de ce centre qui est devenu plus tard le CNEFG, centre d’excellence européen que l’on connaît.

En 1992, il est nommé assistant militaire technique Gendarmerie à Abidjan en Côte d’Ivoire. Il y est tout d’abord directeur du cours d’application des officiers de l’Afrique de l’ouest puis conseiller technique Gendarmerie mobile et maintien de l’ordre auprès du commandant supérieur de la Gendarmerie ivoirienne dont il participe à la remise à niveau de la composante mobile. « Ce sont ces unités qui ont grâce à leur moral et leur préparation, ont maintenu l’ordre lors des élections présidentielles de 1995″ commente un proche de Jean-Marie Fontaine.

Prolongé d’une 3ème année à titre exceptionnel, il prend sa retraite en 1995 comme colonel et reste en Côte d’Ivoire comme chargé de mission à la présidence de la République puis conseiller du Secrétaire général du Conseil national de sécurité.

Cité 3 fois à l’ordre de la Gendarmerie et inscrit au livre d’or

Pendant son parcours dans l’Arme, l’officier de Gendarmerie Fontaine a été couvert d’éloges pour ses qualités professionnelles et humaines.

Dans ses notations, il est qualifié d’homme d’action et de terrain au sang froid remarquable, déterminé et courageux, doté d’un esprit de décision mais aussi possédant une conception saine et solide du métier.

Une autre appréciation le décrivant comme un entraîneur d’hommes à la moralité indiscutable et la personnalité rayonnante, souligne son grand intérêt porté à ses hommes.

Très grand sportif

Cité à l’ordre de la Gendarmerie avec médaille de la Gendarmerie avec grenade de bronze et inscription au livre d’or, il était notamment chevalier de l’ordre national du Mérite, chevalier de l’Ordre national de Côte d’Ivoire à titre exceptionnel et médaillé de la jeunesse et des sports. Il avait été également honoré par la commune de Bourgoin-Jallieu qui lui avait décerné la médaille de la ville.

Très grand sportif, il a remporté de nombreux titres dans les championnats militaires ou Gendarmerie au tir au pistolet, en football, course d’orientation et en triathlon.

Un fils et un petit-fils Gendarmes

Jean-Marie Fontaine a transmis l’amour de la Gendarmerie à son fils puisque Franck, adjudant-chef, commandant adjoint du peloton autoroutier de Langon (33) est entré en Gendarmerie en 1990 au CIGA de Saint-Astier.

« C’est grâce à cet homme, toujours d’humeur égale et grandement apprécié de ses subordonnés où qu’il soit passé, que j’ai décidé par la suite d’embrasser à mon tour une carrière en Gendarmerie » témoigne ce dernier qui a eu l’occasion de travailler une fois sous les ordres de son père. En 1992, alors qu’il était en stage à Saint-Astier avec son escadron, le 25/6 de Digne-les-Bains (04), c’est son père qui a fait manoeuvrer son unité.

L’adjudant-chef Franck Fontaine a, à son tour, passé la flamme à son fils William, 22 ans, Gendarme adjoint volontaire au Psig Sabre de Baisieux (59).

A son épouse, à ses enfants et petits-enfants, La Voix du Gendarme présente ses condoléances attristées.

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