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« Le succès est collectif » : le général Arnaud Browaëys fait ses adieux aux armes

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Après trente-huit années de service, le général de corps d’armée Arnaud Browaëys a fait ses adieux aux armes, mercredi 15 juillet 2026, au Palais du Pharo, à Marseille. Présidée par le directeur général de la Gendarmerie nationale, le général d’armée Hubert Bonneau, la cérémonie a salué le parcours d’un officier profondément attaché à l’engagement opérationnel, à l’innovation et à la dimension humaine du commandement.

Face au Vieux-Port de Marseille, sous un soleil particulièrement intense, le général de corps d’armée Arnaud Browaëys a refermé, mercredi 15 juillet 2026, une carrière de trente-huit années au service de la France et de la Gendarmerie nationale.

Depuis le 1er février 2021, il commandait la région de gendarmerie Provence-Alpes-Côte d’Azur ainsi que la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité Sud. Son départ a été marqué par une cérémonie solennelle organisée sur l’esplanade du Palais du Pharo, en présence de nombreuses autorités civiles et militaires, de ses anciens compagnons d’armes et de sa famille.

Un dernier salut face au Vieux-Port

À 17 heures, les honneurs sont rendus au drapeau de la région de gendarmerie Provence-Alpes-Côte d’Azur. Sur l’esplanade sont réunis des militaires de la gendarmerie départementale et mobile, des réservistes, des motocyclistes ainsi que la garde au drapeau, accompagnés par la musique de la Garde républicaine.

Après la revue des troupes et une remise de décorations, le général d’armée Hubert Bonneau, directeur général de la Gendarmerie nationale, prononce l’ordre du jour consacré au général Browaëys.

Il rend hommage à « l’homme et le chef, le gendarme et le soldat », soulignant l’exigence et la rigueur intellectuelle d’un officier qui n’a jamais renoncé à la proximité ni à la chaleur humaine.

Une reconnaissance largement partagée par les personnels, les autorités et les proches venus saluer une dernière fois celui qui aura dirigé pendant plus de cinq ans l’une des régions les plus importantes et les plus exposées de la Gendarmerie nationale.

Du commandement de terrain aux plus hautes responsabilités

Né à Berlin en 1966, Arnaud Browaëys intègre en 1987 l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, au sein de la promotion « Lieutenant Tom Morel », avant de choisir de servir dans la Gendarmerie nationale.

Il débute sa carrière au plus près du terrain, au peloton blindé de l’escadron de gendarmerie mobile de Bron, puis au peloton motorisé du Haut-Rhin. Son action contribue alors à faire diminuer la mortalité routière dans le département.

Entre 1997 et 2000, il commande la compagnie de gendarmerie départementale d’Aubagne, une unité particulièrement sollicitée, située entre Marseille et le Var. Cette première affectation dans les Bouches-du-Rhône préfigure son retour, plus de vingt ans plus tard, à la tête de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

En 2007, alors qu’il commande le groupement de gendarmerie départementale de la Moselle, sa connaissance de l’Allemagne lui permet de renforcer la coopération transfrontalière avec les autorités du pays voisin.

Mais son parcours est également profondément marqué par les questions de ressources humaines. Affecté à plusieurs reprises à la Direction générale de la Gendarmerie nationale, puis à la direction des ressources humaines du ministère de la Défense, il intervient sur plusieurs dossiers majeurs pour l’Institution.

Il œuvre notamment en faveur de l’égalité professionnelle, de la lutte contre le harcèlement et les discriminations, ainsi que de l’ouverture de la gendarmerie mobile aux sous-officiers féminins. Il est également à l’origine des brigades territoriales de contact, créées pour renforcer la proximité entre les gendarmes et la population.

Nommé adjoint au directeur des personnels militaires en 2019, il prend une part importante à la gestion de la crise sanitaire. En 2020, il devient général adjoint au major général de la Gendarmerie nationale, avant de rejoindre Marseille l’année suivante.

Cinq années marquées par les crises et les grands événements

À la tête de plus de 7 200 militaires d’active et de 3 700 réservistes, le général Browaëys a dirigé un ensemble comprenant six groupements de gendarmerie départementale, trois groupements de gendarmerie mobile, la Section de recherches de Marseille et de nombreuses unités spécialisées.

Son commandement aura été rythmé par une succession d’événements majeurs.

Dès 2021, les gendarmes de la zone Sud sont engagés dans la traque de l’auteur présumé d’un double homicide dans les Cévennes. Suivent les violents incendies de forêt dans le Var, puis dans l’Aude, les opérations de sécurisation du chantier de l’autoroute A69, mobilisant jusqu’à 1 600 membres des forces de sécurité intérieure, les émeutes urbaines de 2023 ou encore la crise agricole de l’hiver 2024.

La région et la zone Sud ont également assuré la sécurité de plusieurs rendez-vous internationaux ou exceptionnels : les visites du pape à Marseille et en Corse, la Conférence des Nations unies sur l’océan, ainsi que les épreuves des Jeux olympiques organisées dans la cité phocéenne.

Pour améliorer la conduite de ces opérations, le général Browaëys a notamment impulsé la création du dispositif HARPON. Ce poste de commandement avancé, entièrement projetable, est installé dans un véhicule de grande capacité disposant de moyens autonomes de transmission, de visioconférence et d’alimentation électrique.

Cette véritable cellule de commandement de campagne a été déployée à plusieurs dizaines de reprises afin d’appuyer les groupements confrontés à des crises ou à des événements d’ampleur.

La lutte contre la criminalité organisée renforcée

Le mandat du général Browaëys aura également été marqué par une intensification de la lutte contre la criminalité organisée, notamment sous l’impulsion de la Section de recherches de Marseille, la plus importante de France.

En 2026, l’opération « Octopus », conduite contre la DZ Mafia, mobilise jusqu’à 900 gendarmes. Elle aboutit à 42 interpellations, 26 mises en examen et à la saisie de biens et d’avoirs estimés à environ quatre millions d’euros.

Convaincu que la lutte contre les organisations criminelles doit également passer par leur asphyxie financière, le général Browaëys fait de la saisie des avoirs criminels une priorité. En cinq ans, plus de 260 millions d’euros de patrimoine sont ainsi saisis par les unités placées sous son commandement.

La région se dote également d’une task force cyber, composée notamment de réservistes spécialisés. Intégrée au dispositif national animé par l’Unité nationale cyber de l’Unité nationale de police judiciaire, elle intervient à la fois dans la prévention des cybermenaces et dans l’appui aux enquêteurs.

Autre réalisation importante : la création de l’Unité opérationnelle franco-italienne, issue du traité du Quirinal et officiellement constituée à Rome le 19 mai 2026.

Cette unité rassemble quarante personnels : vingt gendarmes issus des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, et vingt carabiniers appartenant aux unités italiennes du Piémont et de Ligurie. Elle a connu son premier engagement opérationnel à l’occasion du sommet du G7 organisé à Évian-les-Bains.

L’humain au cœur du commandement

Pour le général Browaëys, l’efficacité opérationnelle ne pouvait être dissociée des conditions de travail et de vie des militaires, des personnels civils et de leurs familles.

En 2025, quatre millions d’euros ont ainsi été engagés pour réaliser 349 opérations de travaux sur le parc immobilier de la région. Deux nouvelles casernes locatives ont également été livrées à Puget-sur-Argens et à La Crau.

Le budget consacré à la formation a, quant à lui, été multiplié par trois entre 2021 et 2026. Cette politique s’est traduite par la création d’un Centre régional d’instruction comprenant trois salles de cours, 68 places d’hébergement et un centre de simulation tactique.

Une attention particulière a également été portée à l’accompagnement des personnels et de leurs proches. Des journées dédiées aux blessés, aux orphelins et aux proches aidants ont été organisées, tandis que des stages de reconstruction par le sport ont été développés.

Depuis 2025, une maison d’assistantes maternelles, baptisée « Les minots de la Timone », accueille également les enfants au cœur de la caserne Hetzel.

Enfin, un groupe de soutien psychologique composé de cinq psychologues cliniciens, répartis par secteur départemental, complète cet accompagnement.

« J’ai fait ce que je pouvais et ce que je devais »

Lors de sa prise de parole, le général Browaëys est resté fidèle à la simplicité qui a caractérisé son commandement. Après avoir remercié avec humour les participants réunis « sous un soleil de plomb », il a refusé de dresser un bilan personnel ou solennel de son action.

« J’ai fait ce que je pouvais et ce que je devais », a-t-il déclaré, avant de rendre hommage à l’ensemble des personnels qui ont servi sous ses ordres.

« L’échec peut être individuel, le succès est collectif. Et les succès, en PACA comme en zone Sud, sont les vôtres. »

Après avoir adressé une pensée émue à sa famille, le général a conclu son discours par un message de confiance envers les nouvelles générations. Citant le philosophe Alain, il a rappelé que « le pessimisme est d’humeur, l’optimisme de volonté ».

Les militaires d’active, les réservistes et les personnels civils de la région de gendarmerie Provence-Alpes-Côte d’Azur et de la zone de défense et de sécurité Sud saluent le parcours d’un chef profondément engagé au service de l’Institution et de ses personnels.

Bonne route, mon général.
JCV

Crédit photo : SIRPA G © Adj. Benezech

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