AccueilactualitéL’École de Gendarmerie de Montluçon célèbre un demi-siècle d’engagement et de transmission

L’École de Gendarmerie de Montluçon célèbre un demi-siècle d’engagement et de transmission

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Le 17 juin 2026, l’École de Gendarmerie de Montluçon a célébré le cinquantième anniversaire de sa création. Une journée placée sous le signe de la mémoire, de la transmission et de la confiance dans l’avenir de l’institution.

Après la cérémonie de sortie de fin de stage de la 2e compagnie, 453e promotion “ Gendarme Verger”, le général Michaël Di Méo, commandant l’École de Gendarmerie de Montluçon, a réuni autorités civiles et militaires, cadres, élèves, anciens et invités au gymnase de l’établissement. Ce rendez-vous solennel marquait le cinquantième anniversaire de la présence de la Gendarmerie au sein de la caserne Richemont.

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Avant sa prise de parole, le général Di Méo a tenu à mettre à l’honneur un témoin privilégié de cette histoire : Gérard Lescombre, 83 ans, retraité de l’Arme. Originaire de la Creuse, il faisait partie des 17 premiers gendarmes, tous grades confondus, à prendre possession des lieux le 16 juillet 1976. Affecté comme instructeur de tir, il souhaitait alors se rapprocher de sa famille. Cinquante ans plus tard, c’est avec une émotion sincère qu’il a évoqué ses souvenirs de cette installation fondatrice et les premiers pas de l’école montluçonnaise.

Une école tournée vers les défis de demain

Dans son discours, le général Michaël Di Méo a rappelé le rôle essentiel de l’école dans la formation des futures générations de gendarmes. Dans un environnement sécuritaire marqué par l’accélération des crises, la montée des violences et l’incertitude stratégique, l’établissement entend préparer des militaires capables de faire face aux réalités du terrain.

Le commandant de l’école a d’abord salué la jeunesse qui choisit aujourd’hui de servir sous l’uniforme. Chaque année, des jeunes femmes et des jeunes hommes rejoignent Montluçon avec la volonté de protéger leurs concitoyens, de défendre l’État de droit et de garantir la souveraineté nationale. Ils le font en pleine conscience des exigences du statut militaire : disponibilité, discipline, mobilité, sens du devoir et acceptation du risque.

Loin des clichés parfois associés aux nouvelles générations, le général Di Méo a souligné l’engagement, le courage et la recherche de sens de ces élèves. Dans une société plus complexe, plus rapide et plus connectée, ils disposent aussi d’atouts précieux pour comprendre les évolutions du monde contemporain et y répondre avec discernement.

Durant huit mois, les élèves gendarmes reçoivent une formation exigeante. Elle associe compétences juridiques, techniques, tactiques et déontologiques. Elle vise aussi à développer la robustesse, la résilience, l’adaptation et l’esprit de décision indispensables à l’exercice du métier de gendarme, notamment dans les situations de tension, de violence ou de crise durable.

Trois cents personnels au service de la formation

Le général Di Méo a également rendu hommage aux femmes et aux hommes qui font vivre l’école au quotidien. Environ 300 personnels, militaires et civils, contribuent au fonctionnement de l’établissement. Les personnels de soutien garantissent les conditions matérielles nécessaires à l’instruction et à la vie en école. Les sous-officiers et officiers instructeurs transmettent, quant à eux, bien plus que des savoir-faire professionnels : ils incarnent l’éthique militaire, le sens du service public et les valeurs de la gendarmerie.

Cette mission de formation ne repose pas seulement sur l’institution elle-même. Elle s’appuie aussi sur un réseau dense de partenaires : représentants de l’État, élus, magistrats, responsables d’établissements scolaires, acteurs économiques, associations patriotiques, unités territoriales et amis de la gendarmerie. Par leur présence, leurs témoignages et leur soutien, ils participent à transmettre aux élèves le sens de l’engagement, l’esprit républicain et le devoir de mémoire.

De la caserne Richemont à l’école de Gendarmerie

Le cinquantenaire fut aussi l’occasion de rappeler l’histoire singulière de la caserne Richemont. Construite entre 1910 et 1913 au lieu-dit “le Cluzeau”, à Montluçon, elle accueille d’abord le 121e régiment d’infanterie. D’autres unités s’y succèdent ensuite : le 152e régiment d’infanterie en 1939, le 92e régiment d’infanterie en 1945, puis le centre d’instruction du service du matériel n°1 à partir de 1958.

Le 1er août 1976, la Gendarmerie s’installe dans cette emprise militaire et y crée l’École préparatoire et de perfectionnement de la Gendarmerie. L’établissement devient École de sous-officiers de Gendarmerie le 1er octobre 1984, avant de prendre l’appellation d’École de Gendarmerie le 1er juillet 1999.

En cinquante ans, l’école a profondément marqué la ville de Montluçon, le département de l’Allier et l’ensemble de la Gendarmerie nationale. Elle est aujourd’hui l’un des piliers du dispositif de formation des futurs sous-officiers et gendarmes adjoints volontaires.

Soixante mille élèves formés en cinquante ans

Présent lors de cette journée anniversaire, le général de corps d’armée André Pétillot, major général de la Gendarmerie nationale, a rappelé l’ampleur du chemin parcouru. En cinquante ans, près de 60 000 futurs sous-officiers de Gendarmerie et gendarmes adjoints volontaires ont été formés à Montluçon. Tous sont, selon ses mots, les héritiers d’une histoire prestigieuse.

Le major général a également eu une pensée forte pour les 96 gendarmes formés à Montluçon morts en service. Ce chiffre rappelle la réalité du métier, son exigence et parfois son prix. Il souligne aussi le sens profond de la formation dispensée dans cette école : préparer des militaires aguerris, capables de protéger la population en tout temps, en tout lieu et en toutes circonstances.

Une place majeure dans le dispositif national

Le général de corps d’armée Laurent Bitouzet, commandant les écoles de la Gendarmerie nationale, a lui aussi insisté sur le caractère particulier de cette journée. Fêter les 50 ans de l’école, c’est célébrer une institution militaire, mais aussi une institution locale, profondément ancrée dans la ville de Montluçon et dans son territoire.

Il a rappelé que l’école de Montluçon occupe une place essentielle dans le système de formation de la Gendarmerie. Elle fait partie des écoles chargées de former les sous-officiers et les gendarmes adjoints volontaires. Elle est également l’une des plus importantes par le nombre de compagnies d’instruction.

Dans un contexte de forts besoins en recrutement, la Gendarmerie demeure attractive et sélective. Selon le général Bitouzet, environ 12 000 jeunes gendarmes sont recrutés chaque année, avec un nombre de candidats bien supérieur aux places disponibles. Dans ce dispositif, Montluçon tient un rôle central : celui d’incorporer, former et préparer les futurs militaires de la Gendarmerie nationale.

Un anniversaire ouvert sur la ville

Ce cinquantième anniversaire ne s’est pas limité à la cérémonie du 17 juin. L’année 2026 a été jalonnée de plusieurs événements destinés à associer les élèves, les cadres, les anciens, les familles, les habitants de Montluçon et les partenaires de l’école.

Le 16 juin, à 20 heures, la musique de la gendarmerie mobile de Paris a donné un concert en l’église Saint-Paul de Montluçon, devant près de 500 personnes. Le lendemain, à 16 heures, les élèves gendarmes de la 453e promotion “Gendarme Verger” ont assisté à un office interculte, également en l’église Saint-Paul.

D’autres manifestations ont accompagné ce cinquantenaire : salon des métiers de la défense et de la sécurité, cross national de la Gendarmerie, course d’obstacles “La Mérytante” au camp militaire du Méry, ou encore participation annoncée aux grands temps mémoriels et républicains. À travers ces événements, l’école a affirmé sa volonté d’ouverture vers la population et son attachement au lien armée-Nation.

À l’issue des prises de parole, un cocktail a réuni les autorités et les invités dans une ambiance chaleureuse, conviviale et fraternelle. Ce moment de camaraderie gendarmique a conclu une journée à la fois solennelle et humaine, fidèle à l’esprit de l’école.

Cinquante ans après l’arrivée des premiers gendarmes à la caserne Richemont, l’École de Gendarmerie de Montluçon poursuit sa mission : former des militaires solides, responsables et engagés, prêts à servir la France et à protéger ses citoyens.

Bernard Deligny et Jean-Christophe Vaillant

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