24 “experts” de la Gendarmerie au Liban pour identifier les victimes (diaporama)

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Les experts embarquent dans un avion militaire A400 m Atlas à Villacoublay ce jeudi soir (Photo F. Balsamo/Dicom)

24 Gendarmes spécialisés dans l’identification de victimes lors de catastrophes seront à pied d’oeuvre à Beyrouth (Liban) dès aujourd’hui. Ces militaires de l’institut de recherches criminelles de la Gendarmerie (IRCGN) appartenant au Pôle judiciaire de la Gendarmerie (PJGN) ont embarqué avec des policiers de la Police judiciaire et de l’institut national de police scientifique (INPS) jeudi soir à bord d’un avion militaire de l’armée de l’air,  un A400M Atlas de l’escadron 1/61 Touraine.

Ces “experts” appartenant à l’unité Gendarmerie d’Identification des Victimes de Catastrophe (UGIVC), l’une des deux composantes de l’unité nationale d’identification des victimes de catastrophe (mixte Police Gendarmerie) sont spécialisés en empreintes digitales, ADN, odontologie, médecine légale et anthropologie légale. Le chef de détachement est le colonel Franck Marescal, directeur de l’ICRGN, assisté du chef d’escadron Mikaël Petit, chef de l’unité d’investigation et d’identification de l’IRCGN.

Sur place explique dans GendInfo.fr le colonel Marescal, la mission des experts de l’ UNIVC est de “fournir un appui technique aux Libanais, à la demande du gouvernement”. “Nous allons mettre en œuvre tout notre savoir-faire pour identifier les victimes, qu’elles soient françaises, libanaises ou de toute autre nationalité.” ajoute le chef de détachement.

L’UGIVC, une unité de circonstance

L’UGIVC est une unité de circonstance mise sur pied par l’ICRGN qui est en mesure de projeter rapidement sur zone un détachement pour participer aux opérations d’identification des victimes.

Cette unité créée en 1992 après la catastrophe aérienne du Mont Sainte-Odile, est intervenue à plus de 80 reprises en France, outre-mer ou à l’étranger. Elle est notamment intervenue sur des catastrophes majeures comme le tsunami en Thaïlande et au Sri Lanka en 2004, mais aussi plus récemment sur le crash de la Germanwings dans les Alpes de Haute-Provence.

Déployée sous deux heures!

L’IRCGN doit être en mesure de déployer, sous deux heures, une ou plusieurs chaînes d’identification comprenant les experts et les matériels projetables nécessaires.

Des matériels aérotransportables

L’IRCGN dispose de tentes et d’abris modulaires permettant de monter une chaîne complète (équipements d’identification compris). Pour constituer une seconde chaîne, l’Institut s’appuie sur le service de soutien et projection opérationnelle (SSPO) de la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale.

Tous ses matériels sont conditionnés de manière à pouvoir être aéroportés.

En termes de communication et d’échanges de données, la section SIC (Système d’Information et de Communication)du Centre de Planification et de Gestion de Crise (CPGC) est en mesure d’appuyer et de renforcer l’équipe UGIVC si nécessaire.

Deux logiciels spécifiques

L’IRCGN dispose par ailleurs de deux logiciels spécifiques dédiés à l’identification de victimes (développés en interne) qui permettent un traitement rapide des informations identifiantes. Il s’agit de  “FENICS” pour la partie post mortem (relevage et tri) et de “Gend ID” pour les parties ante mortem et conciliation.

     – FENICS  (Formulaire pour l’Enregistrement Numérique, l’Identification et le Classement des Scellés) est un logiciel qui assure la traçabilité et le suivi (par codes-barres) des corps, des fragments de corps, des objets et éléments identifiants prélevés sur le site de la catastrophe et sur les chaînes d’examen de corps.

     – GendID  est un logiciel permettant d’associer les différentes informations relevées en vue de les confronter, de les associer, de conduire à l’identification des victimes et d’éditer les rapports d’identification.

La Gendarmerie saisie de l’enquête judiciaire

La Gendarmerie qui a également été engagée avec la Gendarmerie des transports aériens pour sécuriser l’embarquement des militaires, dont ceux de la Sécurité civile est par ailleurs co-saisie avec la Police nationale de l’enquête ouverte par le tribunal judiciaire de Paris.

C’est la section de recherches de Paris et l’OCLAESP qui sont saisis.